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Black Strobe, Ebony Bones, Ok Bonnie
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Cabaret Aléatoire, 19 Avril 2013.
Belle soirée electro rock proposée par le label Bi Pole.
Le premier groupe, Ok Bonnie, attaque pied au plancher avec des assauts guitaristiques assez éloignés des quelques morceaux entendus avant de les voir.
Mais après quelques morceaux brutaux, le trio emmené par la très séduisante Justine explore des sonorités moins pétaradantes et parfois assez dansantes.
Sous le regard complice de Laurent Garnier (qui a remixé un de leurs titres) reconnu aux premiers rangs, Ok Bonnie joue avec conviction des titres qui ne choisissent jamais vraiment leur camp.
La batterie métronomique et les riffs efficaces de ses comparses se marient bien aux synthés et autre démodulateur du style onde Martenot de la chanteuse.
On pense parfois à The Knife, Garbage, Metric, cela s’écoute sans déplaisir à défaut de vraiment accrocher.
On aurait néanmoins aimer un peu mieux entendre ce qui se chantait, la voix était parfois largement couverte par l’accumulation de sons, et peut être un peu plus d’interaction avec les spectateurs qui leur réservent du coup un écho timide.
Un groupe en devenir en tout cas, à suivre sur leur premier disque à paraître dans les prochaines semaines.
La suite c’est avec une habituée de cette salle, déjà venue à deux reprises, Ebony Bones.
Contrairement à sa dernière apparition, l’Anglaise ne nous propose pas de concert à proprement parlé mais un soundsystem.
Déjà que l’album remonte à 2009, ça sent un peu le manque d’inspiration, d’autant qu’aucun nouveau morceau ne sera inclus dans le mix.
Elle investit les platines sans chichi, plus soucieuse de réussir ses enchaînements (parfois bien ratés) que d’haranguer la foule comme dans ses live.
Accompagnée de deux comparses portant des masques de cheval et n’étant là que pour bourriner sur des batteries et cowbell, elle réussit malgré une technique perfectible à faire remuer du popotin une bonne partie du public.
Des tubes à la pelle fleurant bon les 90′s, de la house (Bucketheads, Nightcrawlers ce genre) au r’n'b (TLC, Beyoncé…), un peu de dubstep, de baile funk, de quoi dérouter et vider la piste autant de fois qu’elle vide une bouteille d’eau.
On ne boude toutefois pas son plaisir et applaudit le dernier quart d’heure 80′s avec de bons vieux ESG, Liquid Liquid et pour finir le "What difference does it make" des Smiths qui fera exulter votre chroniqueur.
Il n’est pas loin de deux heures du mat et la fatigue de la semaine se fait sentir mais on restera avec curiosité voir le concert sévèrement burné de Black Strobe.
Très différent de ce que nous a proposé Arnaud Rebotini ici même il y a quelques semaines et bien meilleur que les live patauds des débuts.
C’est une belle machine à danser comme le laisser suggérer le single "Boogie in Zero Gravity" paru l’an dernier, une basse disco et des guitares puissantes qui poussent dans ses retranchements une voix d’outre tombe à mi chemin entre Dave Gahan et Nick Cave, toutes proportions gardées.
Oubliée l’electroclash minimaliste de "Me and Madonna", on joue ici du lourd, du costaud, les titres s’enchaînent sans temps mort et le public est chaud bouillant.
"I’m a man" et "The girl from the bayou" frisent un peu la caricature mais on ne peut que s’incliner sur leur efficacité et la conviction du groupe qui en laissera plus d’un K.O. debout.
The Coup
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Cabaret Aléatoire, 12 avril 2013.
C’est reparti de plus belle pour le festival Tighten Up qui propose deux concerts pas antinomiques mais quand même bien différents.
La soirée ayant commencé avec beaucoup de retard, et n’étant pas motorisé ce soir (capitale culturelle ou pas, dernier métro à minuit 30…) je ne verrais que le premier quart d’heure de Speedometer, section rythmique "qui fait le boulot" mais pas transcendante, et raterai malheureusement Martha High.
Ca aurait été toutefois difficile d’apprécier à juste valeur sa performance après la claque administrée par The Coup en ouverture.
On ne parlera pas de simple première partie car c’était un bon et long concert, avec un MC epoustouflant et entouré d’un groupe aussi furieux que funky.
Pour qui venait un peu au hasard ou n’aurait pas écouté le dernier et très organique album "Sorry to bother you", le coté rock fusion peut surprendre.
Boots Riley déboule avec sa légendaire coupe afro et un pantalon cowboy que n’aurait pas renié Sly Stone avec la hargne d’un boxeur préssé d’en découdre.
Seul hic, son groupe joue tellement fort sur les premiers titres que sa rhétorique engagée passera un peu au second plan, au détriment d’une énergie à réveiller un mort.
Il faudra attendre quelques morceaux moins déchiquetés mais pas moins remuants pour que les premiers rangs se mettent à danser.
Et l’arrivée de la volcanique Sylk E ajoutera du piment à un plat de resistance déjà bien relevé, une vraie bombe que Boots se plait à décrire comme une Tina Turner elevée au rap, excellant ici au chant, sensuel et puissant.
Les moments fort du dernier disque, le premier ne contenant aucun sample, étaient taillés pour la scène, on en a la preuve éclatante avec les imparables "The magic clap", "Land of 7 billion dances" et surtout "The guillotine", un de ses mots français préférés.
Les fans hardcore dont je fais partie se régalent avec les relectures de plusieurs de ses classiques comme "5 Million Ways To Kill A C.E.O. " et "Me And Jesus The Pimp In A ’79 Granada Last Night" qui gardent leur force émotionnelle intacte après une dizaine d’années.
Il profite du regain d’attention pour encourager les gens à se bouger, s’impliquer, un message devenu rare dans le rap post Public Enemy à qui on pense parfois.
Fait tout aussi rare dans le genre, le groupe aura envie de jouer un peu plus mais vu le retard pris, il se contentera de cette prestation déjà généreuse et se montrera très accessible après le concert.
Tha Dogg Pound
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31 Mars 2013, Cabaret Aléatoire.
"Non mais Sami arrête tes conneries, ils vont revenir, ils ont juste dit qu’ils allaient au bar"
"Mmm pas sûr, regarde y a le dj qui débranche son mac là, les vigiles vont pas tarder à nous bouger vers la sortie"
Joli poisson d’Avril un peu avant l’heure que la fin du concert des Dogg Pound, laissant nombre de fans dans l’incompréhension.
La soirée avait plutôt bien commencé avec une révision de classiques West Coast concoctée par Dj Djel.
Apparemment le même mix que j’avais raté en première partie de Kendrick Lamar, avec un MC et des danseurs et même un invité qui s’essaie à la Talk Box chère à Roger Troutman.
Le public réagit bien au départ mais finit logiquement par trouver le temps long.
Les Dogg Pound arrivent et rendent illico hommage à leur homie Nate Dogg via le morceau "Regulate" de Warren G.
Déjà vu Daz Dillinger et Kurupt en 2007 au Dome lorsqu’ils jouaient les faire valoir pour Snoop à qui ils feront également allégeance.
Pour le reste il y aura pas mal de morceaux de leur premier album "Dogg Food" que les fans reconnaissent dès les premières notes.
Le live est sans surprise mais plutôt enthousiasmant, les flows des deux se complètent bien, l’énergie est encore au rendez vous, le son est festif, il n’y a que très peu de temps morts.
La frustration n’en sera plus grande quand les deux lascars s’en iront fissa alors que leur dj joue leur dernier single en date "L.A. here’s to U".
Que le showcase des Californiens dure deux fois moins longtemps que la première partie, soit, mais qu’ils s’en aillent de la sorte gâche un peu la fête, surtout pour certains croisés à la sortie qui venaient de loin et sont un peu resté en chien.
Aeroplane, Fainst, Klaxons
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30 Mars 2013, Cabaret Aléatoire
Après la soul d’Alice Russell à Istres, retour à Marseille pour finir la soirée en mode electro.
Lorsqu’on arrive Aeroplane, reconnaissable à son bonnet et son t-shirt siglé, a déjà commencé son set bourré de piano house et autres joyeusetés.
Le cabaret n’est pas pleine mais correctement rempli pour danser sur ses selections (en vrac, du Disclosure, du Breakbot, un remix du tube d’Imany).
Un peu à l’image du son set vu à Marsatac en 2010 et aussi du mix de Yuksek dans cette même salle, c’est plutôt bien balancé mais ça peine un peu à décoller.
La surprise est venue de Fainst des Ziris qu’on était étonné de voir programmé entre les deux têtes d’affiches et qui a très vite volé la vedette au Belge.
Déjà on le sent nettement plus s’amuser et motivé à faire danser ceux qui se trémoussaient mollement jusque là.
Ses tracks (dont un qui sample l’eternel "Finest" de S.O.S. Band) sont d’une efficacité redoutable, suffisamment variés pour ne jamais faire retomber le soufflet.
Et mettre un peu la pression sur Jamie Reynolds, membre des Klaxons arrivé pile poil pour le passage d’été.
On quittera hélas les lieux sans trop savoir ce que l’Anglais (un peu rapidement étiqueté new rave) a mijoté après une série de titres aux sonorités bien 90′s.
Alice Russell, Selecter The Punisher
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30 Mars 2013, Usine Istres.
Ça doit bien faire une quinzaine d’années que j’annonce leurs concerts parfois très alléchants mais c’est la première fois que je viens à l’Usine à Istres.
Il fallait bien une date unique dans le sud d’Alice Russell pour franchir le pas, un peu moins d’un an après son live mémorable avec Quantic à l’Espace Julien.
Sensiblement moins de monde cette fois ce qui la fera jouer avec son groupe dans la petite salle de l’Usine.
C’est le dj Selecter The Punisher qui se charge d’ambiancer pendant que celle-ci ne se remplisse.
Une belle playlist (sharon jones, black keys, marlena shaw, mark ronson…) mais malheureusement le son des enceintes est trop médiocre pour bien l’apprécier.
Idée sympa pour les novices en groove, avec pour chaque morceau joué la pochette du vinyle mise en évidence à l’adresse du public.
Pour une raison qui nous échappe, la musique pendant le changement de plateau n’a pas grand chose à voir, quelle idée de mettre du folk triste avant la tornade soul qui va venir ?
La température va heureusement rapidement monter d’un cran avec l’Anglaise tout sourire.
Quatrième fois que j’ai le plaisir de la voir, et toujours aucun signe de faiblesse, c’est même encore mieux à chaque fois.
Le concert fait la part belle à l’album "To Dust" qui est paru il y a quelques semaines seulement.
Le single "Heartbreaker" joué en deuxième semble être le seul vraiment connu de l’assistance, qui lui réservera néanmoins un bel accueil.
Les titres les plus réussis de ce dernier opus sont taillés pour la scène, en particulier "Let Go", "Hard and strong", "For a while" et "Twin Peaks".
Voix toujours impressionnante, dans un registre uptempo où elle excelle, loin, très loin devant ses consœurs actuelles.
Les musiciens font au départ le job sans trop de prises de risque mais s’avèrent sur les derniers morceaux outrageusement funky.
Mention à l’imposant Mike Simmonds touche à tout aussi à l’aise au violon qu’à la mandoline et particulièrement remuant.
Et également au plus discret Ben Jones dont les parties de clavier s’avèrent bien psychédéliques au moment où l’on s’y attend le moins.
Encore une fois on ne voit pas le temps passer et on apprécie qu’elle inclus des titres plus calmes comme le mélancolique "I loved you" lors des deux rappels, un vrai régal.
Jimmy Edgar, Matias Aguayo, L’Amateur
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Cabaret Aléatoire, 23 Mars 2013.
Beau plateau ce soir pour les férus d’electro, en attendant la prochaine édition estivale de l’excellent Festival Varois dont cette Midi Night est un peu la déclinaison club.
Pas de groupes de rock indé ce soir mais une succession de dj’s aux goûts sûrs.
La salle se remplit timidement pendant les sélections pointues (avec du Romanthony dedans si mes souvenirs sont bons) de L’Amateur qui clôt son premier set avec des titres déjà bien dansants.
Des amateurs Matias Aguayo n’en manque pas dans le coin, on se souvient encore de son apparition solaire à Seconde Nature en 2010.
Il investit micro en main les platines avec la fausse nonchalance qu’on lui connaît pour un mix qui fait monter l’ambiance d’un cran alors que les clubbeurs aux habitudes tardives sont enfin là.
Il chante principalement sur les deux trois premiers morceaux avant d’enchaîner avec une succession de bombinettes house parfois bien psyché dont évidement un passage "percussions" qui nous font facilement oublier le temps morose.
L’effet de surprise absent cette fois et une longueur minimisant un peu son impact feront que j’aurais moins accroché que la dernière fois mais la générosité et le talent du Chilien ont une nouvelle fois ravi son public.
La fatigue m’empêchera d’aller au bout du dj set de Jimmy Edgar qui aura la rude tache de lui succéder avec un son à la Dopplereffekt nettement plus froid, un poil trop techno pour mes oreilles poppeuses.
Mais l’Americain signé chez Warp a au moins le mérite de ne pas céder à la facilité tout en faisant danser les plus motivés.
Rocé, Epsylone
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16 Mars 2013, Nomad Café.
Une fois n’est pas coutume, les amateurs de rap français avaient l’embarras du choix puisque le même soir se produisaient Disiz (à l’Usine) et les nouvelles idoles des jeunes 1995 (au Moulin).
C’est au Nomad Café qu’on choisira d’aller voir le moins médiatisé pas moins talentueux Rocé, dont le dernier album vient à peine de sortir.
La salle se remplit tranquillement avant que Squaaly nous présente le programme du soir et la première partie non annoncée jusque là, Epsylone.
Rappeuse déjà vue deux fois l’an dernier, en première partie de Nemir au Poste à Galène et de Ben Sharpa à l’embobineuse, la Marseillaise continue son bonhomme de chemin avant la finale en Avril du tremplin Buzz Booster où elle représentera la région.
Set assez court de toujours percutant de la miss, l’énergie et les punchlines déjà appréciées sont toujours là mais un peu en deçà sur la fin où elle se loupe sur un de ses morceaux, bug plus marrant qu’autre chose pour elle et son acolyte.
Puis vient Rocé dont les disques sont aussi rares que ses passages dans le coin, le public présent lui réserve dès les premiers titres un bel accueil.
Le concert se déroule en deux parties, petite révision de classiques d’abord avec des morceaux plus ou moins anciens qui n’ont rien perdu de leur pertinence.
De mémoire, on y entendra "Changer le monde", "Ricochets", "Pour l’horizon" qui ont déjà plus de 10 ans au compteur, le plus récent "Des questions à vos réponses" et un de mes brûlots préférés, l’époustouflant "Besoin d’oxygène".
Sur ce dernier et quelques autres, le MC rappelle à quel point le rap peut être plus incisif qu’agressif, engagé sans lourdeur, groovy sans être putassier.
La suite du live est moins évidente car beaucoup moins rodée, l’album "Gunz’n'rocé" (garanti sans sample d’Axl Rose) est tout frais et son auteur peine parfois à rapper certains morceaux (on frise la cata sur "Le sourire des villes") du premier coup sans avoir à arrêter le dj façon rewiiiind.
Il s’en excuse rigolard et on ne lui en voudra pas trop vu la qualité de ces nouveaux titres, tant au niveau lyrics que beats.
"Mon rap ne tient qu’à un fil" et son clin d’oeil au "Microphone Fiend" d’Eric B & Rakim claque bien comme il faut, "En apnée" et "De fil de fer en fil de soie" sont appelés à devenir des classiques de son répertoire.
Une bonne fournée dans l’ensemble mais peut être pas du niveau de "On s’habitue" que pas mal de fans lui demanderont au rappel.
La soirée se finit sur une touche de mélancolie avec "Magic" en hommage au regretté Dj Mehdi dont on se rappellera qu’il l’avait signé sur son label et produit quelques un des morceaux joués au cours de ce bon concert.
Tue-Loup, Red Rum Orchestra
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Café Julien, 13 Mars 2013.
Comme un avant gout intimiste du festival Avec Le Temps qui commence dans quelques jours, le Café Julien propose un concert gratuit de Tue Loup dont j’ai eu la récente surprise qu’ils existaient encore et qu’ils venaient de sortir leur neuvième album.
Raté quelques épisodes depuis leurs premiers disques et pas vu à l’époque où ils étaient (un peu) plus médiatisés, l’occasion de les redécouvrir ne se refuse pas.
Cerise sur le gâteau, il y a un groupe qui m’est totalement inconnu en première partie, et pas des plus dégueu.
Le quatuor en partie Belge Red Rum Orchestra délivre un concert inégalement plaisant.
Une musique aux accents Americana entre folk et country, avec une batterie flottante et un violon omniprésent qui, couplé à la voix pleine d’emphase du chanteur, rappelle un peu Venus.
Le guitariste qui l’accompagne parfois les choeurs se lâche pas mal sur la deuxième partie du set, un brin plus enlevée, notamment lors d’un morceau qu’ils annoncent "funky".
On regrette alors qu’ils n’aient pas commencé avec un de ces titres pour davantage capter notre attention dès le départ.
Pas vraiment retenu de titres en particulier si ce n’est leur reprise très à propos du "I’m deranged" de l’omniprésent ces jours-ci Bowie.
La salle déjà pas très remplie se vide un peu pour la tête d’affiche, un peu dommage pour ce groupe un peu sous estimé (y compris par votre chroniqueur) qu’est Tue Loup.
Comme sans doute quelques uns dans la salle, quelques souvenirs de la fin des années 90 de leur album "La Bancale" avec l’anti tube terrassant que reste "Putain d’été" et puis leur belle remise au gout du jour d’alors de "Mon Amant De St Jean" avant que l’opportuniste Bruel ne pose ses sales pattes dessus.
On y entendra aucun des deux morceaux mais d’autres familiers comme l’orageux "Merlin".
Contrairement au précédent groupe, le chanteur communique assez peu avec l’assistance, sans non plus avoir l’air blasé comme peut l’être Murat à qui ils sont souvent comparés.
Plus électrique que dans mes souvenirs, leur folk bluesy est mélodieusement prenant, avec des envolées rock jamais superflues
Ils finissent avec deux reprises, "Margot" des obscurs Malicorne et la faussement joyeuse "Rest’la Maloya" d’Alain Peters.
Donc au sortir de ce bon concert, on a eu la confirmation que s’ils ne deviendront probablement jamais grand public, ils ne sont pas prêts non plus de décevoir le leur.
Kendrick Lamar
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Cabaret Aléatoire, 18 Fevrier 2013.
C’est peu dire que ce concert, prévu initialement fin janvier, était attendu par les amateurs de rap US, affichant complet depuis quelques semaines déjà.
On va évacuer très vite le principal bémol de ce live : même si Kendrick Lamar à l’heure annoncée, contrairement à pas mal de stars du genre, on aura pas échappé au syndrome du 50 minutes douche comprise qui laissera légitimement ses fans sur leur faim.
Le mot "fan" n’est pas galvaudé ce soir, une bonne partie du public connaît les paroles du Californien par coeur, et pas uniquement les refrains.
Les puristes du son West Coast s’amuseront de voir pas mal de casquettes estampillées New York (hérésie !) et les toujours fatigantes nuées de smartphones, mais une fois n’est pas coutume l’ambiance est au rendez vous.
Coté acoustique on ne sera pas trop exigeant sur la clarté des basses et on apprécie la mise en valeur de la voix du rappeur, particulièrement lorsqu’il se lance accapella.
Étonné de ne pas voir de back avec lui, avec le flow rapide qu’il débite parfois mais en même temps sa présence scénique est à minima.
Pas de slam dans la foule, d’allers venues fulgurantes à la Odd Future, un show carré juste ce qu’il faut, mais avec un répertoire costaud qui fait oublier ce léger manque de folie.
Si la grande majorité du concert fera la part belle à son récent album, on y reconnaîtra "ADHD" du fameux "Section 80" qui l’a révélé et aussi le carton du moment auquel il participe, le "Fuckin Problems" d’A$ap Rocky.
Viennent ensuite les tubes de "Good Kid, M.A.A.D City" autant plébiscités par Pitchfork que The Source, ou plus près de nous de Skyrock à France Inter, autant dire une quasi unanimité.
Le public se déchaîne sur le martial "Backseat Freestyle", vibre sans retenue sur les lancinants "Bitch, Don’t Kill My Vibe", "Poetic Justice" et "The Recipe" et ne rate pas un "Drank" du tube "Swimming Pools".
Petite surprise à la fin, il quitte la scène avec la dinguerie "Cartoon ‘n’ Cereal", curieusement écartée de l’album mais visiblement bien connue des amateurs.
Ravi de l’accueil digne des plus grosses stars (qu’il est, sauf grosses fautes de goût, appelé à devenir) il promet qu’il reviendra, mais on restera là ce soir, du carré on vous a dit.
Festival Reevox : Yuksek, Arnaud Rebotini & Christian Zanessi, Chapelier Fou, MXCT
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Cabaret Aléatoire, 9 Février 2013
Un Cabaret aléatoire très bien rempli, malgré le froid et une grosse affiche electro au Dock des suds, pour cette soirée de clotûre de la deuxième édition du festival de musiques et arts électroniques Reevox.
On suppose vu la moyenne d’âge que beaucoup sont venus pour Yuksek mais il y a déjà une assistance fournie et attentive pour les premiers artistes.
En bon ignare des musiques expérimentales que je suis, il me sera difficile de décrire avec précision la création de MXCT, lesquels délivrent un travail de textures sonores minimaliste à souhait.
Un souffle de plus en plus vrombissant, une genre de clarinette qui intervient parfois, dur dur de rentrer dans cet univers sans en avoir les repères.
La jolie surprise de la soirée est venue du Messin Chapelier Fou, qui nous confesse être grippé mais en rien démotivé.
Son deuxième album "Invisible" sorti l’an dernier laissait présager un bon moment mais c’est un peu plus que ça, un concert-trip original et assez envoûtant.
Les morceaux à dominante instrumentale s’écoutent avec plaisir, et on aura rarement vu sur scène un équilibre aussi parfait entre électronique et organique.
Le musicien à béret arrive presque à nous faire oublier qu’il est seul maître à bord, avec ses accords de violons et guitares auto samplés qui se marient à merveille à des beats triturés sur ses machines.
Peu loquace quand il s’agit de présenter ses morceaux, Chapelier Fou a en revanche été d’une générosité exemplaire et livré un live faussement simple et de toute beauté. Chapeau bas.
Avant même qu’Arnaud Rebotini et Christian Zanessi investissent la scène, on s’attend à du spectaculaire avec d’énormes séquenceurs et un voile hissé pour les visuels de sa complice Zita Cochet.
Ce sera une performance longue en bouche dont les subtilités échappent parfois à une frange du premier rang échaudée par quelques montées EBM martiales dont le colosse de Blackstrobe a le secret mais sans doute un peu refroidie par les moments plus planants.
"On veut du son" crient certains éméchés, ils seront servis avec le dj set final de Yuksek, de retour dans le coin quelques mois après le carton de sa formule live au festival Rock Island.
Ce sera, avec les disques de Metronomy et Santigold qui passaient pendant les changements de plateau, le seul moment ouvertement pop de la soirée.
Avec des remixes de Blur, Arcade Fire ou Lily Wood & The Prick, plus quelques uns des morceaux qui ont fait le succès du Remois, nettement plus applaudis que les sons plus frais de sa sélection, comme le pourtant imparable "White Noise" de Disclosure.
Bonne ambiance mais pas aussi déchaînée qu’attendue, la faute peut être à un son étouffé qui tranchait un peu avec celui impeccable des précédents artistes.
Dans l’ensemble en tout cas, la soirée de par son éclectisme mérite cette belle affluence et en appelle d’autres du même acabit.






