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Archive de la Catégorie ‘live review’

Belleruche

Photos du concert ICI

Poste à Galène, 18 Mai 2012.

Il est des groupes actuels assez géniaux que j’aimerais beaucoup voir un jour à Marseille (la liste est longue mais au hasard : Quadron, Theesatisfaction ou Escort, à bon entendeur…) et d’autres que je me débrouille toujours pour rater.

Dans cette dernière catégorie il y a Belleruche qui viennent ici pour la déjà quatrième fois, et ce soir absolument rien ne m’en détournera.

La très longue attente au son des sélections du dj Selecter The Punisher (de RJD2 à Marlena Shaw en passant par les Supremes et les Beastie Boys, sympa) n’arrivera pas à entamer mon enthousiasme.

Le trio formé par le guitariste/bassiste Ricky, la chanteuse Kathrin et le DJ Modest semblent en retard à cause de problèmes techniques qui pénaliseront un peu les premiers titres.

Le public est néanmoins chaud bouillant à partir du troisième titre, “Stormbird“, efficace single extrait de leur album “Rollerchain” qui vient de paraître et auquel le concert fera la part belle ce soir.

Aventureux sur ce disque, Belleruche l’est tout autant sur scène à jouer des titres pour la plupart inconnus des spectateurs qui espéraient peut être un peu plus de vieux tubes comme “Alice” réclamé par certains en vain.

Il y aura bien l’entrainant “Clockwatching” suivu du dyptique “Nothern girls” / “56% proof” à mi parcours pour revenir en terrain plus familier, mais le gros de la setlist est inédit et parfois déconcertant.

Pour autant le pari est réussi, l’adhésion à leur nouvelle direction, plus proche de la new wave synthétique que de la nu soul, vient naturellement.

Des nouveaux titres on retiendra les hypnotiques “Get More”, “Reach for the bottle”, “16 minutes” et le très nonchalent “Limelight”.

Ce sont néanmoins les plus anciens titres sui emballent définitivement la foule, le très rock “Fuzz face”, le groovy “Minor swing” et l’incroyable “Sparkles Theme” qui se finit par un genre de scat epileptique culbuté par une rhytmique démente.

Ce titre final illustre à merveille les qualités complémentaires de chaque membre : au jeu nerveux et dynamique du guitariste répondent des scratches et beats ingénieux (entre hip hop desossé et dubstep organique) du dj et une voix qui met tout le monde d’accord.

C’est bien simple, cette chanteuse a tout pour faire tourner les têtes et chavirer les coeurs : un timbre félin, une conviction, une energie et une gestuelle ultra sensuelle.

L’alliance des trois me font penser en général mais encore plus en live à un Moloko en plus minimaliste, un Portishead en plus funky.

A un grand groupe tout simplement.

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DJ Food

Des Photos du concert ICI

Poste à Galène, 10 Mai 2012.

Déjà la 9ème édition du festival d’obédience groove Tighten Up dont c’était ce soir la deuxième des quatre soirées prévues.

A ma surprise, vu le prix pour une fois raisonable, la notoriété du label Ninja Tune, et l’absence de “concurrence” du même genre, le Poste à Galène est très loin d’afficher complet : la chaleur des terrasses aurait elle à ce point dissuadé le déjà versatile public Marseillais ?

Dommage pour le motivé Ed Nodda qui a distillé devant une piste déserte une belle selection alliant pépites rap 90′s et petits plaisirs house ou uk garage du style Zed Bias.

Il cloturera néanmoins la soirée devant plus de monde, enthousiasmé par le set bouillant de DJ Food.

A 23 heures pétantes, passation de pouvoir plus funky qu’à l’Elysée entamée par le “I wanna rock” de Shadow maltraité par les scratchs de l’Anglais.

Le décorum VJ est à minima : des projections de clips, extraits de films voire de jeu vidéo, enchainés et retouchés de manière fluide mais sans grande imagination.

La salle qui se remplit un peu plus est alors divisée, certains apprécient la technique et l’electisme du bonhomme en hochant timidement de la tête, les premiers rangs dansent sans retenue et pour certaines avec classe.

Point de hors d’oeuvre de son dernier (et un peu déroutant) album “The search engine”, ce sera plutôt un mix gourmand, “120 minutes of madness” auraient dit Coldcut.

Un plat de résistance suffisament varié pour plaire à tous les fêtards nostalgiques et également aux plus jeunes.

Inévitable hommage aux Beastie Boys est rendu à triple dose : “Sure shot”, “hey ladies” puis “so whatcha want” qu’on devrait beaucoup réentendre cette année.

Les plus ou moins gros succès du label de Strictly Kev sont bien sûr au rendez vous, du “Four ton mantis” d’Amon Tobin au plus récent “How you like me now” de The Heavy (qu’on reverrait bien ici au passage).

Du hip hop à la cool (People Under The Stairs), du reggae (reprises de Ol dirty bastard et de Cypress Hill par Prince Fatty), une reprise big beat des Beatles, du dubstep (The Bug) et un passage drum’n'bass qui tabasse.

Dans la série “c’est pas très fin mais ça se mange sans faim”, le remix de Prodigy par Pendelum retourne les têtes et en laisse quelques uns sur les rotules.

Une accalmie avec Alice Russell et ça repart avec du Snoop et pour finir avec un poulain de la maison l’éternel “Witness” de Roots Manuva.

Avec plus de monde et plus d’ambiance, cette soirée là aurait compté parmi les meilleures de l’année mais ceux et celles qui étaient là ont néanmoins longuement ovationné ce top chef des platines.

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Ben Sharpa & Pure Solid, Epsylone

Des photos du concert ICI

Embobineuse, 5 Mai 2012.

Un bon p’tit concert rap pour changer un peu, ça faisait longtemps.

Contexte particulier, on est à la veille du départ espéré du nain et au lendemain de celui, plus triste, d’un grand, Adam ‘MCA’ Yauch des Beastie Boys.

Lorsque l’on arrive à L’embobineuse, un groupe d’habitués des lieux écoute et blague avec un étrange poète qui parle entre autres de nettoyage de colon mais la suite sera loin d’être à chier.

La salle se remplit comme souvent assez tardivement par rapport à l’horraire indiqué, même si on a pris le soin d’arriver une heure après.

Première partie, une rappeuse Marseillaise nommée Epsylone, accompagnée d’un back et d’un dj.

Comme souvent avec les mc’s de la pourtant bouillonante scène locale, ça ne m’emballe pas sur la longueur mais il y a de l’énergie et du flow, des textes qui sentent le vécu.

Coté son par contre je n’ai pas vraiment accroché sur les instrus, à l’exception du dernier titre aux rhytmiques syncopées à la Neptunes.

Moment pas désagréable en tout cas, le trio soutenu par certains qui semblaient connaître a bien chauffé la salle.

La playlist de la salle nous fait patienter avec des vieux titres de Prefuse 73 ou Detroit Grand Pubahs plonge l’embob’ dans une ambiance plus electronique adéquate avec ce qui va suivre.

Ben Sharpa ? Connais pas” avais-je du répondre à Cedric (notre photographe du soir) qui m’encourageait à le découvrir ce soir.

Le Sud Africain semble loin d’être un inconnu au vu de l’accueil qui lui est reservé, principalement pour ses collaborations diverses avec le label Jarring Effects.

Il est accompagné du duo Pure Solid pour présenter leur album commun “Fourth Density Light Show” qui sort à la fin du mois et promet de bien tabasser.

Ce qui frappe d’entrée, c’est la qualité du son du sorcier Ddplanet et des visuels créés et projetés par la douée SpoOky qui collent à merveille à son flow autoritaire et percutant.

Des titres qui se suivent et ne se ressemblent pas trop malgré un leger effet redondant vers la fin de cet assez long set.
Les beats lorgnent entre dubstep et grime et font danser dans une ambiance débridée un public mixte et hyper reactif, aussi voire plus déchainé que le trio.

Le rappeur prend beaucoup de plaisir sur scène et joue avec son sampler à échantilloner sa voix puis les rejouer ou superposer.

Sa voix rappelle un peu KRS One et Roots Manuva selon les morceaux, il pourrait tout aussi bien faire dans le dancehall avec ses intonations proches du ragga.

Il n’a pas beaucoup de place pour bouger mais on sent que ça le démange, et sur un titre assez fou avec un visuel montrant un robot il se joindra aux premiers rangs pour manipuler les visuels un peu comme dans un jeu vidéo.

Un live pas évident à décrire mais hautement recommandé aux amateurs du genre.

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Russian Red

Photos du concert ICI

Poste A Galène, 2 Mai 2012.

Russian Red, contrairement à ce que leur nom pourrait suggérer est un groupe Espagnol, et c’est une heureuse surprise de les voir pour leur première tournée française passer à Marseille.

Vu leur notoriété confidentielle de ce coté des Pyrénées et une promo inexistante je craignais que la date soit annulée au dernier moment mais finalement la salle a décidé à la place d’inviter les abonnés à sa newsletter.

Ce sera donc plutôt bien rempli pour un mercredi, avec à l’éxception de quelques initiés Ibériques un public curieux que à défaut d’être totalement attentif.

Et pourtant il en faudra pour apprécier les mélodies feutrées du trio Madrilène qui nous présente son 2e album, le premier à sortir en France, “Fuerteventura”.

Un disque enregistré avec le producteur Tony Doogan et les musiciens de Belle & Sebastian, groupe adoré par votre chroniqueur.

Dès les premières mesures de “The Memory Is Cruel” on sait que la soirée va être douce et languide, un vrai régal pour les yeux et les oreilles.

La fausse timide Lourdes nous sussure d’un voix fragile mais assurée de bien jolies ballades, et, petit plus qui ne laisse pas indifférent, s’adresse régulièrement au public dans un français maladroit donc charmant.

“Merci à tous d’être venus alors qu’il y a le débat” dit elle amusée alors que la plupart venait pour justement y échapper.

Bien apprécié qu’elles présente ses deux musiciens (un à la batterie, l’autre à la guitare ou basse) comme des “amis”, qui donnent parfois de la voix comme sur “Conquer the world”, avec un petit coté Kings Of Convenience.

La prestation est assez linéaire et n’est pas d’une originalité folle mais le concert est des plus agréables, alternant sans trop de temps morts morceaux un peu guillerets comme “Cigarettes” ou “The sun the trees” et titres plus mélancoliques.

Deux reprises au programme : le sublime “All my little words” de Magnetic Fields et, plus inattendu, “Big Me” des Foo Fighters, a.k.a “ouh là ça me rappelle mes années lycée”.

On peut déplorer comparer aux disques l’absence de piano ou de cordes mais il y aura parfois une castagnette et un steel drum pour la petite touche d’exotisme.

Il n’y a guère qu’au dernier morceau du rappel qu’on entendra tambouriner tribalement et rugir les guitares, comme pour nous annoncer un poil brutalement que cette parenthèse enchantée touche à sa fin.
Que l’on réouvrira très volontiers si à l’avenir ils perçent chez nous et repassent dans le coin.

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Mansfield Tya

Photos du concert ICI

Poste à Galène, 28 avril 2012.

Salle quasi pleine pour accueillir le duo Nantais dont j’avais raté le premier passage ici même en 2006.

Mansfield Tya est probablement un des groupes Français les plus atypiques à rencontrer le succès, fut il d’estime.
Impossible de les résumer à un style ou à les rapprocher d’autres artistes tant elles dessinent une oeuvre complexe et personnelle.

Elle ont en tout cas trouvé leur public (majoritairement feminin), et, c’est regrettable ce soir, la fan bourrée la plus insupportable jamais croisée en concert.
Une genre de Frigide Barjot à baffer qui beuglait les paroles par coeur et a réussi, en plus d’énerver plusieurs rangs, à déconcentrer le duo sur plusieurs morceaux.

On peut penser qu’elle les ait découvert via les horribles Sexy Sushi, l’autre groupe de la schizophrène Julie, mais quand même, un boulet pareil pour cette musique intimiste, c’est vraiment dommage.

Entre elle et la chaleur suffocante du lieu (nouvel arrivage de bières à écouler ?), j’avoue avoir eu beaucoup de mal de rentrer dans ce concert que d’autres ont sans doute mieux apprécié.

Si on peut regretter un certain manque de cohérence dans l’enchainement des titres, il y avait comme sur disque de très beaux moments.

Le début illuminé par un triangle de néons où Julie et Clara entonnent yeux dans les yeux “An Island in an Island” avec une montée de synthés goth, c’est saisissant.

Le sombre “Pour oublier je dors” et son violon obsédent, idem pour le désabusé “Je ne rêve plus”.

Si on passe un peu du coq à l’ane de manière abrupte, on ne pourra pas dire que ça manquait d’intensité et de variété dans les sons (folk, rock, cold wave).

Et les deux voix se complètent souvent à merveille, même quand Julie pète un cable et vocifère façon metalleuse butch en se mélant à la foule.

Une reprise méconnaissable des “Rebelles” de Berurier Noir illustre une nouvelle fois leur audace.

La fin sera plus laborieuse avec encore pas mal de cafouillage sur le dernier “Logic coco”.

Le public conquis d’avance ne leur en voudra pas vraiment mais personnellement je serai un peu resté sur ma faim.

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Quantic & Alice Russell With The Combo Barbaro

Photos du concert ICI

Espace Julien, 26 Avril 2012.

Une soirée qui commence à mon arrivée par le “Check The Rhyme” d’A Tribe Called Quest ne pouvait être que parfaite.
La salle se remplit doucement aux sons des galettes du dj local Mars Blackmoon qui clot son set gorgé de soul et jazz sur un son du style Lalo Schiffrin, classe.

Changement de plateau assez rapide, les musiciens de Quantic et du Combo Barbaro entrent en scène pour un instrumental qui donne le ton du concert.

Il y a donc l’instigateur du projet Will Holland à la guitare et parfois à l’accordéon, accompagné d’une section violon, batterie, basse, clavier et congas.

Ces deux derniers donnent une touche latine assez irrésistible à une musique qui confinait déjà à l’excellence en 2003 lors du passage du Quantic Soul Orchestra à Cannes.

A l’époque je ne connaissais pas encore le nom d’Alice Russell mais sa performance m’avait impressioné, et son passage avec d’autres musiciens au Cabaret Aléatoire en 2008 n’a fait que confirmer l’ascension d’un talent bizarrement encore assez méconnu.
Du grand public s’entend, car ce soir dans la salle, beaucoup n’ont d’yeux et d’oreilles que pour Alice et scandent amoureusement son prénom.

Si elle évolue ce soir dans un style moins explosif, plus en retenue, elle n’en est pas moins toujours aussi bluffante.
Et idéalement entourée de musiciens au sommet de leur art, nous transportant presque en Colombie où a été enregistré leur album en commun, “Look Around The Corner” qui vient de paraître.

Ils en joueront la plupart des titres, et tous se valent, de l’entrainant “Magdalena” au mélancolique “Su Suzie” en passant par le lumineux “I’ll Keep My Light In My Window”.
Pas sûr que beaucoup connaissant déjà ce disque, mais leur déclinaison live est d’une telle minutie dans les arrangements et l’execution que le public apprécie et le fait sentir chaleureusement.
Les fans de la première heure apprécient les titres plus anciens d’Alice et Quantic que sont “Pushin’ On”, “Take Your Time, Change Your Mind” et le final “End Of The Road”.

Et si l’on aura pas le droit cette fois à son incroyable version de “Seven Nation Army”, elle proposera une autre reprise tout aussi étonnante du “Golden Brown” des Stranglers qui ont joué dans cette même salle en début de mois.

Ca commencerait presque à devenir lassant, tant de bonnes vibrations avec ces gens-là, puissent ils encore nous régaler sur disque et sur scène le plus souvent possible.

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La Femme

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Poste à Galène, 19 Avril 2012.

Drôle de trajectoire que celle de La Femme, qui continuent à arpenter les salles sans album ni label alors que leur renommée dépasse déjà les frontières.

On avait déjà loué dans ces colonnes le potentiel de ces jeunes pousses au dernier festival Pantiero, avec la petite peur de s’emballer trop vite.

Six mois après, force est de constater que le coup de coeur fonctionne de plus belle.

On les excusera la bonne grosse demi heure de retard, un peu moins l’ingénieur du son des facheux larsens au début du set.

Surprise en voyant que la chanteuse n’est plus la même, et que le combo s’enrichisse d’une nouvelle recrue aux percussions.

Surprise surtout d’entendre autant de nouveaux morceaux (une bonne vingtaine) en plus des 6 ou 7 que nous connaissions déjà via leurs EP et vidéos postées sur la toile.

Après le déjà classique “Télégraphe”, ce sont deux titres un peu disco façon Zé Records qui s’enchaînent, transformant presque la salle en Studio 54.

Ils ne tarderont pas à lacher leur fameux “Sur La Planche”, l’occasion d’entendre plus distinctement la nouvelle voix féminine, un peu plus grave mais tout aussi séduisante.

L’ambiance est très bonne et deviendra explosive avec le récent single “Paris 2012″, entièrement instrumental et redoutable en live.

Ce sont tous les premiers rangs qui pogotent sur ce titre et quelques autres plus scandés que chantés.
Plus que le son vintage des claviers c’est ce phrasé découpé rappelle un peu ces groupes 80′s qui osaient le français dans le rock, Taxi Girl en tête, particulièrement dans “Amour dans le motu” ou “Anti-Taxi”.

Et même quand le ton est plus potache (“Marie Marie, tu respires le sexe”) on échappe miraculeusement à la vulgarité des groupes “second degré” auquels les oreilles bouchées les rapprocheront peut être.

Les moments d’accalmie étonnent et envoutent, de “Françoise” à “From Tchernobyl with love” aux sonorités qui ne dépareilleraient pas d’une BO d’un vieux film de science fiction.

Mais dans l’ensemble c’est pied au plancher qu’ils feront danser et crier une bonne partie de la salle, des plus jeunes lycéennes aux vieux pas tout à fait blasés, ravi de pouvoir aimer sans honte et sans se forcer un groupe pop d’ici.

La fin est assez bordélique avec plusieurs instrumentaux vaguement tropicaux et le chanteur sans gène à annoncer dédicaces au fond de la salle, où leurs badges et disques avec pochettes faites maison s’écouleront très vite.

On espère sincèrement qu’ils ne perdent pas de leur fraîcheur et que l’album qui finira bien par arriver soit à la hauteur de cette débauche d’énergie et d’idées, le succès leur est déjà acquis.

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Michel Cloup

15 avril 2012 1 commentaire

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La Meson, 13 Avril 2012.

Ne connaissant pas les habitudes de cette salle que je découvrais ce soir je rate le premier artiste de la soirée Thomas Suel qui ouvrait cette 4eme édition du festival Gravitations.

Le suivant m’est inconnu mais pas un débutant, Dimoné, qui a chanté avec le groupe Les Faunes et sorti trois albums en solo.
Un drôle de personnage qui parle énormément entre les chansons, interpelle avec humour les quelques happy few présents.

Si sa moustache m’a au départ fait penser à Louis Chedid, sa musique et son phrasé m’ont parfois fait penser au Bashung de “Osez Josephine”.
Des textes emprunts de poésie, dont une adaptation de Berthold Brecht, et des envolées parfois spectaculaires, comme cette chanson où il quitte la scène pour rejoindre un piano en arrière salle et chanter la suite sans micro, puis revenir.

La suite qui a motivé ma venue c’est avec le grand mais visiblement méconnu Michel Cloup.
Il semble loin le temps où il faisait la couverture des Inrocks avec son groupe Diabologum, trop peu de monde ce soir pour saluer cette figure importante du rock d’ici.

Ca ne l’empêchera pas de livrer un concert intense et intransigeant, à l’image de son album “Notre Silence” paru discrètement l’an dernier.

Emaillé de pas mal de soucis techniques, problêmes d’accordage de guitare ou de laptop recalcitrant, et semble avoir un peu de mal à gérer tout cet armada de pédales samplers, il utilisera même son smartphone pour un sample.

Il commence par nous dire nous emmener dans un voyage, et on le suit volontiers, se prenant en pleine figure des morceaux entre spoken word et post rock dépassant parfois les 10 minutes.

Des titres parfois scandés ou sussurés avec une progression dans la tension et une noirceur qui contrastent avec le coté accueillant et chaleureux de la Meson.

Si beaucoup comparent la musique de Cloup à Slint, j’ai pour ma part penser à une version française des regrettés Arab Strap.

Après ces pépites glaçantes et hypnotiques que sont “Cette colère”, “Le cercle parfait” ou “L’enfant” nous aurons droit pour finir à un des classiques de Diabologum, “De la neige en été”.

On quitte la salle avec tout de même un petit sourire à la fin de cette experience intimiste et prenante, c’est sa très jeune fille dont on se demandait au départ ce qu’elle faisait à un tel concert qui vient installer le stand de cd’s.

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Xiu Xiu + Volcano the Bear + Tim Sparks & Dominique Cravic

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31 Mars 2012, Espace Montevideo.

Soirée on ne peut plus éclectique au GRIM avec trois concerts qui vont se suivre et ne pas se ressembler du tout.

Cela commence par un duo de guitaristes érudits et virtuoses.

Tim Sparks l’Americain et Dominique Cravic le Français semblent avoir tout connu mais jamais ne nous regardent de haut.

Entre chaque morceau, une attitude humble, un humour pince sans rire et pas mal d’anecdotes sur la génèse des titres joués.

Quelques compositions originales et pas mal de reprises de jazz époque Cotton Club, blues et même chanson (Maurice Chevalier, Gainsbourg).

La suite est beaucoup plus experimentale avec les Anglais de Volcano The Bear, déjà venus ici même et selon un ami aux goûts sûrs un des live les plus originaux jamais vus.

Sans être aussi enthousiaste je ne peux que confirmer : leur performance n’a aucun ou peu d’équivalents et méduse la salle.

Ils sont deux à chanter et jouer d’une multitude d’instruments, des plus classiques aux plus trafiqués, avec des tubes ou des objets percussifs non identifiés.

On se gardera bien de donner une etiquette à cette musique hautement inclassable, qui se déguste d’un bloc : aucune pause entre les différents mouvements, ce n’est qu’à la fin que leur sera abondament applaudie.

Xiu Xiu enfin, un nom familier des amateur d’indie mais toujours confidentiels de ce coté de l’atlantique malgré une dizaine d’albums en dix ans, et dont c’est le tout premier passage à Marseille.

C’est le seul concert de la soirée où l’on nous fournit des bouchons avant, et bien que ça commence par le calme “Fabulous Muscles”, ce sera justifié vu les orages électriques qui vont suivre.

Ils enchaînent avec des morceaux de leur dernier opus comme “Smear the queen” ou “Beauty towne” qui installent leur style oppressant et sombre.

Avec cette voix constamment sur le fil, basse tremblante et ces synthés d’un autre age on pense évidement à Joy Division et la reprise de “Ceremony” vient enfoncer le clou peu après.

Les conquis d’avance apprécient, d’autres sont nettement plus…divisés.

Groupe difficile d’accès sur disque qui l’est autant sur scène ce soir, et qui s’avère aussi tendu que sa musique, avec un gros coup de colère du chanteur Jamie Stewart enervé par différents larsens.

Pas vu la scène car un peu loin mais il aurait filé un coup contre son micro après quelques “fuck”, refroidissant une ambiance déjà pas très bisounours.

On se contentera à défaut de réélle communion d’entendre des titres plus anciens comme les tordus “In Lust You Can Hear the Axe Fall” ou “Sad Pony Guerilla Girl” et finir cette soirée singulière par le grinçant “Hi”.

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I’m From Barcelona

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Cinéma Le Prado, 25 Mars 2012.

I’m From Barcelona en concert à Marseille ? Chouette nouvelle. Au cinéma Prado ? Euh bizarre mais bon on a pas trop le choix.

L’idée du collectif Borderline d’organiser des soirées ou concerts dans des endroits inhabituels semble avoir ses adeptes en tout cas, il y a pas mal de monde devant dès 18h30, heure annoncée du début des festivités.

Ayant reçu trop tardivement le sms de l’ami Pirlouiiiit qui me prévenait que ça n’allait commencer que deux heures plus tard, on poireautera un peu dans le hall avant de quitter les lieux, refroidis par les prix exhorbitants des consos et le dj totalement hors sujet.

Il fait beau, autant se rafraichir en terasse, se ravitailler et de constater avec plaisir que le rendez vous a attiré pas mal de connaissances amateurs d’indie pop.

C’est finalement vers 21 heures que les Suédois investissent la grande scène, au son emphatique du “Barcelona” de Freddie Mercury.

Ils semblent presque au complet, soit une vingtaine de membres.
Plus une troupe qu’un groupe, découverte en 2006 avec des chansons festives façon Belle & Sebastian sous poppers.
On pense aussi à la démesure de Polyphonic Spree, il y a si jai bien compté trois choristes féminines, autant de mecs, deux claviers, trois guitares, un scratcheur, deux cuivres, un batteur et j’en oublie surement.

Un peu dur, parfois, de s’y retrouver dans cette profusion de sons, la symphonie pop tournant parfois à la cacophonie.
Elle commence tambour battant avec le sautillant “Get In Line” et rapidement le chanteur commence à interpeller le public entre les titres.

Le chanteur nous dit qu’il a toujours rêvé être dans un film et que jouer dans un ciné c’était presque ça, en nous demandant quel réalisateur français pourrait les mettre en musique. Peut être feu Jacques Tati ?

Il exigera que les lumières soient rallumées pour pouvoir voir les fans se dandiner, une bonne moitié quittant des sièges confortables pour festoyer debout.
L’ambiance est déjà bon enfant que sont lancés du haut de la salle d’énormes ballons rouges alors que les musiciens font pêter les cotillons.

Sur une voire deux chansons on ne fait plus trop attention à ce qui se passe sur scène, la fête bat son plein, l’effet de surprise réussi.

Ils feront monter un spectateur pour jouer de la guitare et encouragent à de nombreuses reprises à taper des mains, chanter les refrains et suivre des chorégraphies très étudiées comme celle très imagée de “Treehouse”.

Les tubes “Headphones” (ma préférée) et “We’re from Barcelona” sont évidement au programme, cette dernière couplée avec le “We are your friends” de Simian.

Au final, malgré l’attente interminable, tout le monde semble avoir passé un bon moment avec cette bande de doux dingues, aux compositions parfois mineures mais à l’euphorie souvent contagieuse.

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