Emission du 23 Mai 2018

Stephen Malkmus and the Jicks_ Sparkle Hard

CHROMATICS « Black Walls »
STEPHEN MALKMUS & THE JICKS « Future Suite »
PARQUET COURTS « NYC Observation »
MOURN « Fun at the Geysers »
THE SEA AND CAKE « I Should Care »
L’INDECIS « Blind »
MOOMIN « Fruits »
LEON BRIDGES « If It Feels Good (Then It Must Be) »
CHRISTINE AND THE QUEENS « Damn, Dis-Moi » (ft. Dâm-Funk)
THE INTERNET « Roll (Burbank Funk) » (Kaytranada remix)
ANDERSON .PAAK « Bubblin »
CHILDISH GAMBINO « This Is America »
DISCLOSURE « Ultimatum » (ft. Fatoumata Diawara)
HOUSE OF FEELINGS « Cry For Help » (ft. Soft Ethnic)
RÓISÍN MURPHY « Innocence »

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Black Milk + Nat Turner Band

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Photos du concert ICI

18 Mai 2018, Poste à Galène

En une des magazines, sur les radios FM, sur les chaines musicales, dans les salles, dans les festivals, les classement de ventes, un certain style de rap, principalement francophone, est omniprésent, c’est une évidence.

Pas celui de l’Americain Black Milk qui passe ce soir dans un poste à galène à moitié vide, alors que, alerte spoiler, c’est un des meilleurs live entendus dans le genre depuis des lustres.

Si la première partie locale, l’Avignonnais MC Odysé et son dj du groupe Bob Lunet, ne m’a pas vraiment captivé, l’heure qui suit est un régal du début à la fin.

Pas la peine de connaître sa discographie pléthorique, entre les morceaux produits pour d’autres, ses disques solo, ceux collaboratifs, de Guilty Simpson à Jack White (le spectre est large) pour apprécier sa musicalité hors norme.

Dès les premières notes du Nat Turner Band, le groupe qui l’accompagne sur cette tournée, on sait déjà qu’ils ne sont pas là pour faire de la figuration.

Batteur puissant, bassiste scotchant, claviériste inventif, le trio porte la voix du MC avec une telle maîtrise que les samples et autres séquenceurs sont très peu présents.

Beats organiques qui vont autant dans le jazz que la soul (avec certains passages chantés par le claviériste) et le funk (incroyable final avec le « Motor Booty Affair » de Funkadelic).

L’osmose entre les musiciens et le rappeur producteur rappelle évidement les Roots ou plus récemment le concert de Robert Glasper l’été dernier.

Et contrairement à beaucoup, le MC offre un set redoutable avec énergie et générosité avec très peu de temps mort.

Et l’ambiance est au diapason avec un public ravi qui danse sans compter.

Un grand bravo aux organisateurs Comparses & Sons sans avoir à aller jusqu’à Venelles pour cette excellente soirée.

Alt-J + Holy Two

32808439_10157519917984691_3078825187056025600_n Photos du concert ICI

Du rock au Dock des suds ? Ça se compte en années en ce qui me concerne, Rodrigo y Gabriela en 2014, hormis quelques souvenirs de festival Marsatac (un peu), fiesta des suds et babel el med (surtout).

Alt-J ne sont pas vraiment des habitués de mes playlists mais la curiosité était de mise ce soir, les Anglais faisant de grandes salles du style Bercy cet hiver, et donc ces fameux docks qui programment surtout de grosses soirées dj.

Avant eux, la première partie est française avec les Lyonnais de Holy Two dont j’avais un souvenir mitigé à leur premier passage en 2015, et malheureusement ça n’a pas évolué dans le bon sens. Rien de vraiment mauvais (enfin le son n’était pas terrible au début) mais rien de mémorable non plus, de la pop synthétique au kilomètre, avec l’inévitable louche de r’n’b dans l’air du temps, vaguement dansant, avec un titre en français (« à la Fishbach » me souffle mon voisin) et dans l’ensemble ça ne prend pas vraiment.

En revanche c’est beaucoup plus pro qu’à leurs débuts, la chanteuse est assez aguicheuse et ils ont l’air très gentils (« c’est un rêve d’ouvrir pour Alt-J, le groupe qui nous a donné envie de faire de la musique ») mais malheureusement le plateau décollera surtout avec la tête d’affiche.

Bonne nouvelle d’emblée, la salle des sucres est très bien remplie, avec un public assez jeune et pas mal d’anglophones (Erasmus ?) au premier rang.

Les amateurs du trio de Leeds sont aussi contents que le groupe qui joue pour la toute première fois à Marseille comme le rappelle à plusieurs reprises. Ne connaissant pas trop les trois albums du groupe, j’ai surtout reconnu les singles comme « Fitzpleasure », « Something Good » ou « Dissolve Me », avec un son et des effets de lumières de très belle facture (hélas, notre photographe du soir m’avait fait faux bon).

Au niveau des chanteurs, leur polyphonie sur pas mal de titres me fait parfois penser aux beaucoup moins connus Clouddead avec une voix haut perchée et une autre plus nasillarde, et côté musique les percussions et les mélodies parfois un peu alambiqués rappellent parfois les tout aussi rares Tv On The Radio.

Un des trois membres parle souvent en français et demande au public de chanter avec eux le fameux « Matilda » dans une ambiance très bon enfant. Un seul rappel après une heure et des poussières avec entre autres le très accrocheur « Breezeblocks » avec un break de batterie imposant.

Les fans de longue date semblent conquis, les curieux comme votre chroniqueur ont bien apprécié également. Un grand bravo à la SAS concerts pour proposer encore parfois ce genre de concerts à Marseille, le succès est au rendez vous et en appelle d’autres dans le genre…

Emission du 9 Mai 2018

Eleanor Friedberger_Rebound

JUNGLE « Happy Man »
THE INTERNET « Roll (Burbank Funk) »
LEON BRIDGES « You Don’t Know »
CHROMEO « Bad Decision »
RÓISÍN MURPHY « All My Dreams »
DJ KOZE « Lord Knows »
JON HOPKINS « Singularity »
GUI BORATTO « Forgive Me »
DONALD PIERRE « Trésor »
REGINA DEMINA « Pyromane »
LES VILARS « Les Anarchistes »
ARCTIC MONKEYS « American Sports »
BEACH HOUSE « Pay No Mind »
COURTNEY BARNETT « Need a Little Time »
ELEANOR FRIEDBERGER « In Between Stars »

Pas d’émission mercredi 16/05, retour le 23/05.

Emission du 2 Mai 2018

natalieprass

FLASHER « Pressure »
BLOSSOMS « I can’t stand it »
SPEEDY ORTIZ « You Hate the title »
NATALIE PRASS « Sisters »
BARBARA CARLOTTI « Tout ce que tu touches » (avec Bertrand Burgalat)
DONALD PIERRE « (Elle est partie) Ma panthère »
ALLIGATOR « Jungle »
BUZZY LEE « Coolhand »
LET’S EAT GRANDMA « It’s Not Just Me »
THE INTERNET « Roll (Burbank Funk) »
MOODYMANN « Got Me Coming Back Rite Now »
KALI UCHIS « In My Dreams » (ft Damon Albarn)
JANELLE MONAE « Pynk » (ft Grimes)
L’IMPERATRICE « Paris »
JUNIORE « Les Heros de Barbes »

Emission du 25 Avril 2018

courtnety

CHARLOTTE GAINSBOURG « Les Oxalis » (Alan Braxe Remix)
ALAIN CHAMFORT « Tout Est Pop »
STRATOCASTORS « Seul »
THE CORAL « Sweet Release »
COURTNEY BARNETT « City Looks Pretty »
THIEVERY CORPORATION « Voyage Libre » (Ft. LouLou Ghelichkhani)
CONFIDENCE MAN « Try Your Luck »
SOULWAX « Essential Four »
DRAME « Poésie Parfaite »
ALTIN GÜN « Goca Dünya »
NICKODEMUS « Will You Still be Here? » (ft. The Real Live Show & Pimps of Joytime)
PARIS COMBO « Je te vois partout » (Taggy Matcher Rocksteady Remix)
SOFIANE SAIDI & MAZALDA « Bourkan »

Hollie Cook + Toko Blaze

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Photos du concert ICI

Espace Julien, 19 Avril 2018.

Après le concert de la légende Ken Boothe il y a deux semaines, les amateurs de reggae (mais pas seulement) sont aux anges avec la relève, avec la venue de Hollie Cook encore une fois grâce à l’équipe du Molotov.

La première partie est assurée par Toko Blaze bien connu des soundsystems du coin depuis des années, ici avec un guitariste et un comparse au laptop et samplers.

Avec un sample du « Guns of Brixton » on écoute ses textes engagés avec un flow énergique, et on apprécie son coté « prise directe » avec les luttes du moment avec entre chaque titre des dédicaces aux Antifa, aux étudiants, aux cheminots, au carnaval de la Plaine, avec une certaine adhésion du public venu tôt, malgré la concurrence déloyale du fameux apéro interminable sous le soleil plombant (par chance l’OM ne joue pas ce jeudi).

Après un changement de plateau la salle est très bien remplie et c’est une très bonne nouvelle car je pensais que l’Espace Julien serait peut être trop grand pour une musique certes accessible mais qui n’est du rap français, ni des dj’s electro (apparemment les seuls styles rentables en 2018, tant pis pour les amateurs de soul et de pop comme votre chroniqueur résigné) et surtout une artiste très peu passée dans le coin, uniquement aux festivals Pointu à Six Fours en 2016 et surtout au Zik Zac à Aix en 2015.

Super souvenir que ce dernier concert, et vrai plaisir de revoir l’anglaise enfin à Marseille, quelques semaines après la sortie de son troisième « Vessel Of Love » dont elle présentera quelques uns des meilleurs titres, de « Angel Fire » à « Ghostly Fading » en passant par l’hypnotique « Lunar Addiction ».

Mais les premiers disques ne sont pas oubliés avec les désormais classiques « Milk & honey », « Shadow kissing », « Walking in the sand » dans des versions enthousiasmantes avec des effets dub spatial du plus bel effet.

Entre ses danses endiablées et quelques invectives typiquement British (avec la bière qui va avec), on louera encore ce soir l’excellence des musiciens pour que la fête soit complète.

Le groupe n’est pas uniquement un faire valoir, avec un batteur et un guitariste (dont la coupe façon Howard amusera les fans de The Big Bang Theory) sont à la hauteur, tandis que le clavier et la basse font leur job, on sent la chanteuse et ses musiciens très complices et avec très peu de temps mort et quelques titres parfois enchaînés comme dans une bonne dubplate.

Toujours aussi séduit par sa voix (parfois accompagnée par celles du guitariste et du clavier), elle cajole, sussure mais ne minaude pas, monte parfois le ton sans jamais en faire trop, avec un grand sourire en plus, comme si elle ne se prend trop au sérieux même dans les morceaux plus sombres.

Bref presque que du bonheur, uniquement gâché par la chaleur épouvantable (j’imagine la cata si ça avait été complet) et l’odeur de fumette à la limite du malaise, la climatisation étant hélas aux abonnés absents (pas comme à Toots & The Maytals par exemple).

Mais pour l’ambiance excellente en général avec un public qui ondulait tout le long, et le concert en lui même aussi bon que le précédent, ça valait vraiment le coup de subir cette fournaise.

Jamais deux sans trois ?