Sebastien Tellier

C’est un cabaret aléatoire affichant complet pour cette soirée « Gigs’n’klub » qui avant de laisser place au producteur electro signé sur Ed Banger Kavinski proposait deux lives. Arrivé trop tard pour juger de la prestation de Dondolo (deux titres aux fort relents new wave 80’s) c’est avec une certaine curiosité que j’attend le passage de Sebastien Tellier pour qui une grande partie du public est présente.

Il faut dire que le bonhomme jouit d’une certaine hype ces dernières semaines, un plan promo que d’aucuns trouveront disproportionné vu les carences de son nouvel album « Sexuality », rappelant au passage à quel point la presse musicale française est plus moribonde que jamais, toujours au moins deux trains en retard et volontiers prête à encenser n’importe quel disque moyennant achat d’encart publicitaires.

Les honneurs, Sébastien aurait du les connaître en 2001 lorsqu’il sorta de nulle part l’étrange et prenant « L’incroyable vérité », à ce jour son oeuvre la plus aboutie et cohérente. Notre grand barbu débarque derrière un épais écran de fumée, armé d’une guitare flashy accompagné de ses musiciens bien décidés à nous faire bouffer du synthé.
On aurait aimé que le premier titre « Sexual sportswear » donne le ton, une pièce montée de beats progressifs presque aussi orgasmique que le suggère son titre.

Le morceau suivant, comme beaucoup d’autres dans un electro-rock convenu qui ne décolle jamais vraiment, quand ce ne sont pas des slows dégoulinants comme « Roche », on se surprend un peu à regarder sa montre et à d’avantage retenir les blagues entre deux titres.

Car Tellier est (ou se crée) un personnage détaché à l’humour assez abscon, chacune de ses interventions est pour le moins déroutante, avec des tirades du style « J’ai écrit cette chanson avec Dany Boon », « Oui on dit que je suis le Chabal de la pop, enfin il vaut mieux ressembler à Chabal qu’à Pujadas ».

On notera aussi qu’il a des progrès à faire niveau chorégraphie pour l’Eurovision (dont on a hate de voir les réactions du grand public à l’écoute de ce truc), se contentant de mimiques à la Chantal Goya pour le popissime « Divine » un des bons moments du concert, assurément le plus entraînant.

Beaucoup de kitch comme attendu mais également un beau tryptique au piano qui rappelle que quand le pompièrisme laisse sa place au songwriting appliqué, on a affaire à un auteur capable de quelques uns des plus beaux élans romantiques de ces dernières années : l’inoubliable « Black douleur » puis le célèbre « La ritournelle » et le très Christophe « L’amour et la Violence », trois sommets escarpés d’une prestation à l’image des derniers disques, divertissant bien que trop souvent inégal.

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