Jeffrey Lewis & The Junkyard

L’embobineuse, 8 Décembre 2009.

Il faut louer à L’Embobineuse, en plus d’avoir une programmation des plus expérimentales, d’avoir reçu cette année quelques unes de plus belles affiches indé, à des prix dérisoires.
De la claque Evangelista en début d’année en passant par le festival B-Side et ce soir Jeffrey Lewis & The Junkyard, un sans faute couronné de succès en ce mardi soir car malgré le froid et le foot, la salle était presque pleine.
Difficile de savoir par contre combien il y avait de Marseillais dans la salle ce soir, la vingtaine d’habitués de ce genre de concerts était aux abonnés absents, mais le trio New Yorkais semble avoir acquis un public solide au fil des albums et des tournées (dont une cet été au festival MIDI à Hyères).

Une soirée généreuse et d’une rare intensité, qui restera dans les mémoires des chanceux et (nombreuses) chanceuses présents.

N’étant pas familier de leur discographie, je suppose qu’une grande partie des titres étaient issus du récent « Em Are I », qui s’éloigne de l’étiquette quelque peu étriquée anti-folk qui colle au groupe depuis leurs débuts avec les Moldy Peaches.

On a affaire à des faux branleurs et vrais bons rockeurs qui sous leur air nonchalant sont de vraies bêtes de scène, aussi à l’aise dans la ballade countrysante que le brûlot punk (leur précédent LP était d’ailleurs un disque de reprises des mythiques Crass), il y a du Pavement et du Sonic Youth chez eux, avec un charisme et une personnalité néanmoins très forts qui emporte tout sur son passage.

L’ambiance dans les premiers rangs est excellente, on sent une vraie complicité accentuée par pas mal de blagues ou anecdotes sur leurs différents groupes amis comme les Wave Pictures dont le batteur et le bassiste arborent un t-shirt.

Et comme le leader est également dessinateur, quelques morceaux plus racontés que chantés sont l’occasion de projeter certains de ses comic book.
De mémoire, une histoire abracadabrante de cerveau mutant qui croise un dinosaure, et une adaptation très libre de l’histoire de l’Union Soviétique (les terminale S ont du
apprécier).

Le concert semble ne jamais se terminer, avec un rappel d’au moins 5-6 titres, laissant ensuite place à un dj inspiré enchainer sur du post punk à la Bush Tetras, tandis que le stand de disques et bandes dessinées est assailli par un public plus que conquis.

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