La Pompe Moderne

Poste à Galène, 5 Juin 2010.

Il est des concerts auxquels on a un peu peur de s’ennuyer, d’autres où l’on est à peu près sûr de bien s’amuser.
Celui des inénarrables La Pompe Moderne fait assurément partie de la seconde catégorie.

Affiliés à l’excellent label Les Disques Bien (Flop, Tante Hortense…), et jouant parallèlement dans d’autres formations (Nevechehirlian entre autres) ces plaisantins ont plus que rempli leur mission.

Ils s’appelaient il y a quelques années The Brassens mais la famille du Sètois n’a visiblement que peu gouté à leur concept abracadabrant : reprendre des tubes bien connus et souvent récents à la manière du grand Georges.

Avec fausses moustaches et trémolo dans la voix, on croirait presque à son improbable retour, jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il commence avec du Amel Bent.
Viser la lune, ça ne les fait pas peur, mais toujours le poing levé, pas plus que de jouer les catins, détournant le classique de Mylène Farmer façon pervers pépère.

« Antisocial » est moins une reprise poussive de Trust qu’un medley de droite glaçant, passant du « Né ici » de Doc Gyneco au « Bon temps des colonies » de Sardou, dans le genre il n’y a guère que les trublions de Groland pour manier avec culot cet humour-là.

Que serait un bon cover band sans un hommage iconoclaste au roi de la pop disparu il y a presque un an ?
Chez eux ça donne une adaptation littérale de « Thriller », qui filerait presque les « Chocottes ».

Les traitements les plus hilarants sont souvent des traductions donnant un éclairage inédit à des hits Anglophones, tels « Toxic » de Britney ou « Walk like an Egyptian » des Bangles.
Le summum du ridicule/sublime étant quand même atteint avec « Pas de limites », adapté de l’hymne des 2 Unlimited qui a traumatisé plus d’une génération d’auto tamponneuses.

La musique urbaine n’est pas oubliée pour autant, le slam « C’est du lourd » dénonce grave, bien que ce qui importe le plus à nos braves moustachus, c’est de kiffer la vibe, « DJ ».

Le rappel est l’occasion de se remémorer le virevoltant « Yéké Yéké » de Mory Kanté et de découvrir (pour ma part en tout cas) le tordu « 20 Francs » de David Lafore, clin d’oeil à un musicien bien d’ici.

Au délà de la blague, accentuée par des chœurs cartoonesques, on a quand même affaire à des musiciens très appliqués, lorsqu’ils s’attaquent à du Daft Punk, c’est pas loin d’être aussi dansant que les originaux.

Ils regretteront un peu que le public, partagé surprise et rire contenu, ne se reveille vraiment qu’à ce moment là, mais viendront quand même nous rejouer « Chocottes ».

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