Worldwide Festival 2010

Sète, 9 et 10 Juillet 2010.

Cela fait plusieurs années que j’avais envie de me rendre au Worldwide Festival, qui propose chaque été des affiches très classe concoctées par le grand Gilles Peterson, fidèle à l’esprit de ses émissions sur la BBC (diffusée en France sur Nova) avec des artistes soul, funk, hip hop, electro, pour la plupart peu connus ou rares dans le sud.

Les concerts étant déjà complets, ce sera entre deux après midi plage l’occasion d’aller aux plateaux dj’s qui se déroulent au Phare du Mole, dans un cadre à taille humaine, plein à craquer avec une forte proportion d’Anglais en vacances.

Grosse déception en arrivant, l’annulation de dernière minute de deux artistes qui avaient motivé ma venue, les très doués Flying Lotus et Joy Orbison qui font suite au désistement la veille de Gil Scott Heron, une vraie série noire.

Qu’à cela ne tienne, il reste quand même du beau monde pour ce vendredi soir à commencer par Theophilus London, rappeur New Yorkais au flow felin et au jeu scénique très remuant.
Il n’a pas de dj avec lui mais les sons qu’ils proposent sont très variés, ses morceaux puisent autant dans la synth pop que les rythmes afro, quand ils ne détournent pas façon Spank Rock une vielle scie de Whitney Houston.

La suite est assez déroutante avec le producteur très chevelu Gonjasufi et son acolyte très barbu (et assez barbant) Gaslamp Killer au micro.
Déroutante parce que si le duo a plein d’idées sur disque, la cohérence de leur trip agressif et psychédélique sur scène est moins facile à appréhender.

Le son est très saturé, les enchainements manquent de fluidité, on ne s’ennuie jamais vraiment mais on ne sait pas trop sur quel pied danser, leur intransigeance et le coté fumeux de leurs titres en laissent pas mal sur leur faim.

Succès toujours au rendez-vous pour Laurent Garnier invité de dernière minute pour pallier aux annulations, avec un set qui comment classiquement house, efficace mais un peu trop linéaire à mon goût, la première heure m’a paru bien longuette.

Mais la seconde est plus ludique, avec l’hymne hi-NRG « You make me feel » de Silvester souligné par des effets de couleurs très gay puis un peu plus tard un remix dubstep du « I’m sorry » de Brenda Lee par les obscurs Woodhead & Blenda suivi du brutal « WTF » de Rusko, l’affaire prend une tournure inattendue.

Garnier joue alors des titres drum’n’bass percutants et est accompagné par Mc Dynamite qui se chargeait jusque là des transitions entre les groupes.
L’ambiance monte d’un cran et si le set sera trop long pour ne pas me faire décrocher, il aura quand même ravi la plupart.

La fin de la soirée est présentée par Peterson comme le futur de la scène club Anglaise, avec SBTRKT, dj masqué aux sonorités renversantes.

Le début de son mix propose un panel de tout ce qui se fait de plus excitant et neuf, des beats concassés et abrasifs qui font très mal à cette heure avancée de la nuit, alors qu’une pluie fine ne décourage pas les derniers fêtards.

Son re-edit du « Everything in its right place » de Radiohead, en particulier, bluffe tout le monde.
Il est rejoint par le chanteur Sampha qui vient ajouter une touche soul à une série de titres puissants sans doute à paraître dans les mois à venir, à surveiller de près.

Le lendemain on arrivera un peu trop tard pour apprécier le mix disco house de Kyle Hall et on sera assez déçu par les dOP. pourtant précédés d’une belle réputation.

Leur deep house avec moult samples de cuivres et percussions sonne bien mais leur chanteur, passablement éméché, gâche et parasite l’ensemble.

On s’amuse de le voir gesticuler en caleçon Elmo (de Sesame Street) puis de dégrafer la robe d’une spectatrice et se retrouver à poil quelques minutes mais n’est pas Iggy Pop qui veut, c’est assez poussif.

Un flop heureusement vite oublié avec le long set (plus de deux heures) de Josh Wink dont je m’étais voulu d’avoir raté le récent passage à la Fiesta des suds. et qui est parfait du début à la fin.

Techniquement irréprochable mais également plein d’âme, varié, dansant, hypnotique, un vrai bonheur qu’on soit fou d’acid house ou juste amateur de bonne dance music.

Surtout qu’au rappel l’Américain joue son mythique « Higher State Of Consciousness » qui reste toujours aussi jouissif 15 ans après sa sortie.

Une réflexion sur “Worldwide Festival 2010

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