Leonard Cohen

Le Dôme, 21 Septembre 2010.

Avant un week end festivalier à priori plus agité, soirée feutrée et émouvante sous la grande coupole.

En arrivant je sais déjà que je ne vais croiser grand monde des petits concerts où j’ai l’habitude d’aller, et même si c’est le cas, les places assises et numérotées feront que je manquerais notre photographe du soir et ne verrai l’infatigable McYavell après le concert.

Au hasard du placement, je sympathise néanmoins avec Joe, un fan Irlandais venu exprès de Cannes qui le suit depuis des dizaines d’années et n’est pas avare en anecdotes sur les musiciens et choristes qui l’accompagnent sur cette tournée, et Marie Chantal, une lectrice occasionnelle de Live In Marseille enthousiaste qui ne rate pas un concert pop rock au Dôme et vient par curiosité voir le mythe pour la première fois.

C’est également mon cas, ne m’étant pas encore penché sur son impressionnante discographie et connaissant seulement quelques grands classiques du Canadien.
Je n’avais que des apriori positifs et juste une crainte, que ses récents ennuis de santé qui ont reporté de quelques mois cette tournée en atténuent ou écourtent le spectacle.

C’est tout le contraire : c’est de mémoire de spectateur le plus long concert auquel j’ai assisté, plus de trois heures, et un des plus agréables vus de la part d’une star qui n’a plus rien à prouver.

J’apprendrai après l’entracte que c’est son anniversaire, à cette occasion un collectif de fans placé aux premiers rangs lui fanit parvenir un superbe bouquet de fleurs pour fêter ses 76 (!) printemps.

Placé en hauteur, une fois l’effet de surprise je fais tout pour oublier les écrans géants qui sous titrent un peu scolairement les paroles de ses chansons.

Une initiative qui peut certes rendre justice à son talent d’écriture mais peut également détourner l’attention que l’on se doit de porter à sa voix et à ses musiciens.

C’est en tout cas l’unique réserve que je pourrais émettre, le reste, même si je n’ai pas pu comparer avec d’autres de ses tours de chant, m’a paru parfait de bout en bout, je laisse le soin aux spécialistes de tempérer mon enthousiasme.

« C’est une joie de venir ici, je ne sais pas quand pourrons nous revenir mais nous allons donner ce soir tout ce que l’on a » susurre t’il d’entrée, et on a aucune peine à le croire et se laisser emporter.
Rarement vu un public aussi captif et respectueux, retenant son souffle à chaque silence et frémissant avec retenue au départ pour finir par applaudir à tout rompre lors des nombreux rappels.

A priori la setlist est proche du concert qu’il a donné à Nimes l’an dernier, on a eu le privilège d’y entendre, peut être pas tout à fait dans cet ordre, les incontournables Dance Me To The End Of Love, The Future, Ain’t No Cure For Love, Bird On The Wire, Everybody Knows, Tower Of Song, Suzanne, Sisters Of Mercy,  The Partisan, Hallelujah, I’m Your Man, Take This Waltz, So Long, Marianne, First We Take Manhattan, If It Be Your Will, Closing Time, I Tried to Leave You entre autres hymnes intemporels.

Des chansons si familières, même pour celles que le néophyte que je suis découvre ce soir, avec une capacité à bouleverser sur un regard, une intonation, une révérence, on le lis de partout mais il faut le voir pour le croire, un concert de Leonard Cohen c’est d’une classe et d’une élégance sans égal.

Son jeu de scène est statique, mise à part quelques pas de danse qui amusent l’assistance, il s’agenouille simplement pour les titres les plus solennels, la sobriété même.

Sa voix caverneuse est adoucie par le timbre de deux choristes aux voix countrysantes (l’une d’elle m’a fait penser à Emylou Harris), les soeurs Webb, qui sont plus que présentes sur pas mal de chansons, toujours tout sourire, et s’autorisant une petite roue arrière bien sympathique.

Les musiciens s’appliquent chacun à leur niveau à proposer un jeu à la précision méticuleuse, avec quelques soli appréciés au saxophone, aux claviers où à l’Oud, si on baigne globalement dans une ambiance folk, j’ai beaucoup apprécié quelques écarts discrets vers une soul soyeuse à souhait.

Je dois avouer pour finir avoir été agréablement surpris par la qualité du son pour cette salle et ne me suis pas ennuyé à un seul instant malgré la longueur inhabituelle et inattendue du show.
L’introduction n’était donc pas une de ces promesses en vain, si effectivement on ne sait pas quand il reviendra à Marseille, ce beau monde nous a donné tout ce qu’il avait.

2 réflexions sur “Leonard Cohen

  1. Je crois que c’était complet de chez complet si ça peut te consoler.
    Et j’ai du batailler avec mon boulot pour finir plus tôt, apprenant juste quelques jours avant que ça commençait à 20 heures pétantes.

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