Marsatac 2010, la review

Jeudi

Arrivé trop tard pour Boogers, j’espère qu’il repassera dans le coin, j’aime bien ses disques.

Cibelle,  si belle, si chouchoutée par la presse, si ennuyeuse sur disque.

Eh bien c’est pareil sur scène, un plaisir pour se rincer l’oeil, un calvaire pour les oreilles.

Le coté bossa folk trip hop qui pouvait plaire sur album est absent en live, on a droit à du rock vaguement habité, le plus souvent boursouflé.
Pas vu grand chose du hip hop jazz  Iswhat, pas très envie à ce moment de la soirée.
Le Peuple De L’Herbe, pas trop ma came à la base mais assez plaisant à entendre, on sent la maitrise et la générosité de déjà vieux routiers, le public était à fond.

Belle surprise avec la charmeuse Bonnie Li sur la scène esplanade, pas encore       aboutie mais intéressante sa pop bricolée avec trois fois rien, un sampleur, un mégaphone, un batteur à œufs, beaucoup de dédoublement de voix et un charisme qui donne envie d’en entendre plus.

La claque de la soirée vient néanmoins du set d’Anti Pop Consortium, entre flows ultra rapides old school et scratches et beats futuristes concoctés en live, qui rappellent que le groupe n’est pas signé chez Warp par hasard.

Vendredi

Bonne petite intro funk avec les Killer Meters, vintage, brut de décoffrage et bien dansant, avec une funk sista au short très seyant.
Nouveau choc physique avec l’énorme, au sens propre comme au figuré, Sage Francis, pas vu à Marseille depuis une mémorable soirée au Poulpason en 2002.

Toujours beaucoup d’humour cinglant dans ses invectives et sa tenue, cape et perruque inclues, et avec un acolyte aussi imposant que lui le Cabaret est en fusion tout au long du set.
Qu’il rappe sur du Nine Inch Nails, du M.O.P. ou du Yann Tiersen, peu importe, son energie et sa présence sont simplement de-va-sta-trices.
Si bien que les quelques titres vus de Tumi and the volume (très musical mais assez scolaire), Beat Assaillant et Talib Kweli, aussi talentueux soient-ils, ne soutiennent pas la comparaison.
Dans un registre différent, gros coup de cœur pour les Québecois Misteur Valaire, collectif de dj’s, musiciens, vidéastes qui reprennent avec bonheur le groove grand angle des Bran Van 3000 (invités sur un single), Avalanches et autres The Go! Team.
Un régal pour les amateurs de collages sonores, avec autant de samples que de parties jouées (pas mal de claviers à la General Electriks, de cuivres), des visuels épatants, des chorégraphies, une belle ambiance et une des découvertes de cette édition.
Vu quelques titres de Naive New Beaters avant de partir, je comprend autant les réfractaires qui leur chient dessus que les kids qui les adorent, dans le genre pop idiote ils sont top.

Samedi

Nasser confirment la bonne impression de leur concert dans ces mêmes lieux au printemps, mais ce soir la salle est pleine et le triomphe évident.

Avec cette fois un invité de marque, le toujours sexy et hilarant Jessie Chaton qui vient insuffler son grain de folie sur quelques morceaux bien dansants mais même sans ce featuring nos locaux savent y faire pour remuer la foule.
Malgré quelques ficelles un peu voyantes, leur electro rock parfois un peu bourrin est plus subtil qu’il n’y parait, le contact avec le public très présent, les tubes s’enchaînent et en laissent certains déjà sur les rotules.
Ambiance nettement plus glaciale pour le seul concert qu’il m’était impossible de manquer, les Mancuniens d’A Certain Ratio, groupe 80’s que je vénère depuis tant d’années.
Un des secrets les mieux gardés du label Factory (ils sont à peine évoqués dans le film « 24 hour party people » et zappés dans « Control ») que je ne pensais jamais voir un jour malgré leur reformation récente.
Quoiqu’il y eut un signe avant coureur : en 2006 au même festival Marsatac, j’avais souligné avec joie la présence de leur « Do The Du » (jouée ce soir en intro) dans le set du dj Q-Bert.
Alors voilà, même si leur musique sombre, sophistiquée et pas vraiment immédiate était d’une présence incongrue dans ce grand raout festif, c’est un vieux fantasme de fan qui se réalise enfin dans ce qui pourrait être notre Hacienda.
Quelques petits problêmes de micro et un peu de retard à l’allumage mais ensuite que du bonheur pour ces chantres du punk funk.
Pas mal de morceaux assez récents comme « Mind made up », « I feel light », d’autres titres quasi experimentaux et très laid back, et puis leur fameuse reprise de « Shack Up » qui peine à réveiller les sceptiques tout en mettant en transe les autres.
Le final, tout en touches tropicales, une autre de leurs marottes, avec congas, cowbells et cuivres réchauffe un peu l’atmosphère et prépare idéalement pour les dj’s qui suivent.
Aeroplane aussi, j’étais content de les voir à l’affiche après les avoir fortement suggéré au programatteur voilà deux ans.
Entre temps le duo Belge s’est séparé après avoir produit des remixes plébiscités et sorti ces jours ci un album schizophrénique, prétentieux et assez raté.
Mes attentes étaient donc moindres pour le set du rescapé Vito De Luca, qui nargue l’assistance avec une bouteille de Champagne, qui m’a quand même bien fait danser.
Pas reconnu tout les titres mais ses remixes pas entendus jusque ce soir de MGMT et Daft Punk ont fait leur effet euphorisant.
Nettement plus house et avec de superbes visuels, Danton Eeprom m’a fait regretter de ne pas être allé plus souvent du coté de la scène Seita, le son y était excellent.
Le set de Mr Oizo, plus attendu et nettement plus brutal, a ses bons moments.

La petite voix qui ajoute au « Vous êtes des animaux » du tube « Positif » un répétitif  « Vous allez crever à Marseille », les pneus publicitaires pour son prochain film, les beats abrasifs raccords avec son passage chez Ed Banger, c’est prévisible mais efficace.
Trop crevé pour rester voir l’idole Erol Alkan mais à ce que j’ai compris ce fut bien ecourté, pas trop de regret donc.

Ajoutons à ce compte rendu que le nouveau lieu est accueillant et parfois étonnant (le tunnel éclairé par des boules à facettes), propre (bravo aux miss de la brigade verte), d’aucuns l’auront trouvé définitivement trop petit pour accueillir autant de monde (qui sortent où le reste de l’année ? éternelle question), rendant pénibles les allées venues entre les différentes scènes.
Coté son, celui de la grande scène (Cartonnerie) de médiocre à passable, d’avantage pour les live que pour les dj sets, par contre au Cabaret, à l’Esplanade et à la Seita, je l’ai trouvé satisfaisant.
Coté planning des concerts, cela aurait été pas mal au moins le samedi de faire commencer les live plus tôt histoire d’éviter les choix cornéliens.
Au niveau organisation, gros point positif pour les navettes, s’y rendre et rentrer tranquillement en 10 minutes chez soi sans affronter le mistral ça donne évidement envie d’un réseau de bus de nuit digne de ce nom tout au long de l’année, les salles qui programment régulièrement ces artistes de musiques actuelles y gagneraient, tout comme les jeunes et moins jeunes qui n’auraient plus une excuse de dire qu’il n’y a rien à faire à Marseille.

On peut toujours rêver.

4 réflexions sur “Marsatac 2010, la review

  1. Amandla dit :

    La (redoutable) brigade verte te remercie (pas que les miss :p)
    Même question, OU sont tous ces gens pendant l’année? quand on est près à payer 28€ sa soirée (hors frais bouffe et boisson), par vent glacial, même pas en période de vacance… on devrait être un minimum motivé par des bons concerts tout au long de l’année non?

    Anyway, bons gros kiff de cette édition:
    Bonnie Li, juste géniale.
    Missill, violente (exactement ce dont j’avais besoin après mon 4eme Burn)
    Bionicologist (ezra&los), vraiment vraaaiiiiment doués (et souriants en plus)
    voilà pour les 3 non-têtes-d’affiche qui m’ont marqué

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  2. Je pense que le problème, oui, c’est les transports malheureusement.

    Marsatac, perso, j’y suis aller uniquement Samedi, j’ai un peu plus jonglé entre les salles pour découvrir un maximum d’artistes : D’abord Nasser puis au milieu, suis aller voir D.V.D dont j’étais vraiment très curieux de voir ce que ça donné mais j’ai pas aimé donc Shaka Ponk, qui envoie sur scène.
    Success, c’est pas mal, mais j’aime pas la voix du chanteur, dommage. A certain Ratio c’est effectivement vraiment bon.
    Ensuite je retiendrai plus particulièrement Humantronic et Danton Eeprom dans la salle Seita qui je le confirme a vraiment eu un bon son. Sinon ces deux DJs techno, j’ai vraiment adoré, de la techno comme je les aime et pourtant suis pas particulièrement fan du genre à la base, mais avec eux, c’était très plaisant donc je dis oui! On se laisse entrainé, on ferme les yeux, on danse.
    J’ai vu la chanson finale d’Aeroplane, ça avait l’air mieux que ce que j’ai pu entendre sur myspace, tant mieux pour ceux qui ont vu.
    Le set de Mr Oizo, je dirai mitigé, j’ai beaucoup aimé le début jusqu’à Rubber puis après j’étais moins fan, trop brutal, sans grand intérêt, j’ai pas du tout adhéré. Il s’est rattrapé vers la fin mais voilà. Peut être la fatigue.
    Erol Alkan, j’ai tenu le coup mais assis sur le côté de la salle histoire d’au moins l’écouter, mais la fatigue a finie par gagner au bout d’une heure.

    Voilà très bon samedi en tout cas, et oui je valide le tunnel boules à facettes, très psyché, ça rendait limite un peu malade, une impression de lévitation (je tient à préciser que j’étais sobre toute la soirée …)

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  3. Evidement que les transports ça y joue, perso c’est surtout depuis que j’habite en ville que je vois autant de concerts en semaine, mais pour me prendre régulièrement des vents j’entends souvent l’excuse « c’est trop cher » ou « je ne connais pas ».

    Et là comme le souligne Amandla la place et les consos n’étaient franchement pas données, et les groupes assez peu connus (pas d’énorme tête d’affiche comparé aux années précédentes).

    Voir la friche pleine à craquer m’a fait plaisir mais aussi m’interroger sur tous ces jeunes qui vont en masse à Marsatac, à la Fiesta et le soir de la fête de la musique, où sont ils le reste de l’année ?

    Pour Aeroplane je persiste, le meilleur est dans les remixes sortis depuis 2008, l’album est une belle plantade mais son dj set était agréable.

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  4. Mouais, on peut pas comparer un festival à un concert. Et puis perso 20-30€ par soirée, c’est pas si cher, alors que juste un concert au dôme, docks des suds ou même à l’espace julien ça coûte aussi cher. Un Festival, on a toujours un tête d’affiche (Mr Oizo, ça reste une légende qui s’auto-suffi) et la curiosité qui fait le reste. Un Concert ya un groupe/artiste et si la curiosité n’est pas là, rien nous aide à l’éveiller sans transports, bons tarifs et j’en passe. Faut se mettre à la place de gens vachement moins passionné que nous par la musique:/

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