Aloe Blacc + TY

10 Octobre 2010, Cabaret Aleatoire

Ca fait toujours plaisir à voir, une salle de concert à Marseille pleine à craquer un lundi soir.

La première partie est assurée par l’Anglais TY dont le dernier passage remonte à Marsatac 2008.
On peut lui louer une certaine persévérance depuis ses débuts il y a presque 10 ans chez Big Dada, il n’a jamais vraiment percé mais continue à sortir des disques corrects et à tourner dans la foulée.

Toujours dans un style 100% old school et 0% autotune, il joue ses efficaces « Wait a minute » et « Don’t watch that » avec l’enthousiasme et la générosité qu’on lui connait.
Pour autant le concert peine à convaincre sur la durée.
Son flow n’est pas toujours très incisif, ses demandes au public de participer assez répétitives, le groupe qui l’accompagne assez mou du genou et les chanteuses sirupeuses à souhait.

La suite est davantage stimulante, la tête d’affiche de ce soir très attendue n’a pas déçu ses assez jeunes fans.
Aloe Blacc avait sorti il y a quelques années un premier opus passé assez inaperçu mais a décroché la timbale en début d’année avec son morceau « I need a Dollar », choisi comme générique d’une serie HBO et tube incontestable de ces derniers mois.
Son deuxième album « Good Things » sorti ces dernières semaines a également été très bien accueilli et cette tournée Française devrait assoir un peu plus sa notoriété grandissante.

Les musiciens qui ouvrent le bal sont nettement plus percutants que le groupe précédent, ouvrant les hostilités funk et jazz dans une ambiance surchauffée.
Un gang vintage et groove de bon aloi avec saxophone, basse, batterie, guitare et clavier globalement à la hauteur du chanteur.

Lequel débarque sur des pas de danse triomphants en entonnant le très blaxploitation « Hey Brother ».
Les pépites s’enchaînent sans temps mort, de « You make me smile » à « Love and happiness » en passant par sa belle version du « Femme Fatale » du Velvet.

C’est évidement avec « I need a Dollar » que l’excitation est à son comble et le refrain repris par cœur par les premiers rangs.
En live comme sur disque, ce morceau dont les paroles désabusées et inspirées par la crise des Subprimes donne la pêche comme rarement.
On aura droit à une version bien plus longue que l’originale avec un final reggae qui emprunte à Marley et Police.

Après ce coup de maitre la seconde partie est forcément moins explosive, voire un peu poussive par moments.
De longs prechi precha aux messages un peu guimauve, d’autres reprises à la théâtralité dispensables (« Billie Jean », « California Dreamin » ou encore « Passin me by » des Pharcyde), et du coup l’impasse sur quelques uns de ses meilleurs titres comme « Green light » et « Miss Fortune ».

Mais l’intérêt revient sur l’enflammé « Politician » plus 70’s que jamais.
On peut ergoter qu’Aloe Blacc surfe sur une tendance revival amorcée depuis quelques années mais quand cela est fait avec autant d’éclat et de minutie, il aurait été dommage de faire la fine bouche, d’autant que, pas encore inaccessible il passera juste après la fin au stand merchandising à saluer et signer des autographes à ses fans.

Et si ce succès peut donner des idées aux tourneurs de stars du genre, naissantes (Janelle Monae par exemple) ou confirmées (allez soyons fous Erykah Badu), d’aussi passer par le sud, on risque d’autant se régaler que ce soir.

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