Moodyman, Louie Vega, Gotan Project…

Dock des Suds, 23 Octobre 2010.

Dernier soir de Fiesta, évidement plein à craquer.
Pas pour le groupe qui termine son set à mon arrivée, les Allemands de Bonaparte présentés sur la brochure comme rois du happening electro-rock.

Deux morceaux c’est trop peu pour me faire une idée mais hormis leur tenues à la Marcel & Son Orchestre cela avait l’air assez chouette.
C’est sous le grand chapiteau en plein air que la majorité des spectateurs sont, pour les visiblement très populaires Gotan Project.
Pas vraiment suivi ce qu’ils ont fait depuis leur premier album qui était la bande de son de tous les repas étudiants où j’atterrissais, quand le cd de St Germain était rayé.
Pas le mieux placé donc pour juger la qualité de leur prestation à l’aune des précédentes, c’est en tout cas fidèle à l’image que je m’en faisais, agréable mais bien trop lisse et rapidement ennuyeux.
La chanteuse est assez sublime, les musiciens très justes, les visuels réussis mais malgré les explications d’un des membres pour situer le contexte des morceaux, le concert se déroule comme une belle tapisserie qu’on trouve jolie au départ et qu’on ne remarque même plus ensuite.
Un bon point pour le gars qui lançait les samples, celui d’avoir ajouté façon bastard pop un accapella du « Bad romance » de Lady Gaga pour épicer un de leurs tubes, j’ai adoré.

Une autre star de la FM tape l’incruste plus tard dans le dj set de Louie Vega, Shakira, que pas grand monde ne s’attendait à entendre ce soir, même si ce n’était qu’un (assez bon) remix.
Mais le Master At Work n’est pas à une roublardise près pour surchauffer l’ambiance avec des sélections house putassières mais souvent réjouissantes.
Les titres avec sonorités latines et percussives déclenchent par moment l’hystérie, d’autant que le Porto-ricain au grand chapeau est accompagné d’une djette redoutable qui va un peu lui voler la vedette.
Une certaine Anane qui viendra après avoir retourné la piste entonner en semi playback « Plastic people » un titre paradoxalement moins dansant que ceux qu’elles a joué.

Sur d’autres petites scènes, on aura l’occasion de bouger du popotin avec El Hijo de la Cumbia, même impression que Gotan Project, toujours le même morceau, mais cette fois la chanteuse est suffisamment sexy pour ne pas détourner les regards de la scène.
Pour les insensibles à ses courbes, fermer les yeux peut provoquer quelques hallucinations, comme imaginer en vitesse accélérée une locomotive traverser Euroméditerannée, le tout rythmé par dj El Gringo.

Ailleurs, The Supercharger & DistroPunX sont suspendus par des cables et derrière une toile illuminée par des visuels vintage.
Original comme décorum, mais en plus de donner le torticolis leur prestation est hélas desservie par un son médiocre.

Lorsqu’on arrive à la fin du set petaradant de Jack Ollins, qui finit son set avec un titre entendu plus tôt chez Louie Vega, l’ambiance est survoltée.
Cela ne va pas durer, le set de la légende des légendes, monsieur Moodyman, a énormément de retard à l’allumage.
Problèmede platine qui s’éternise, et puis des sélections déroutantes à cette heure tardive et supposée festive.
Ses longs et lents remixes de Junior Boys et Whitest Boy Alive, suivis de titres casse gueule de Slum Village et Flying Lotus achèvent de refroidir même les plus patients, et vide la salle aux trois quarts.
Il le dit au micro entre deux bafouillages, il se fout bien de nous faire danser, il est juste là pour passer la musique qu’il aime.
La dernière demi heure récompense les plus indulgents avec des enchaînements parmi les plus étonnants entendus cette année, passant d’un remix irrésistible de la bombe funk de Hot Chocolate « Heaven’s at the backseat of my Cadillac » au « Come as you are » de Nirvana culbuté par une obscure tranche d’acid house circa 95.
On ne sait pas si on a passé un bon moment, s’il a passé un bon moment, mais cette fin trouble entre detresse d’un dj drogué et au bout du rouleau et foutage de gueule d’une star du genre, on s’en souviendra peut être plus que tout le reste de la soirée.

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