WhoMadeWho, Speech Debelle, Deluxe, Zoufris Maracas, Dillon (Nuits Zébrées)

Des photos de la soirée ICI

Espace Julien, 2 Mars 2012.

L’animateur de la soirée le rappelle, cela fait cinq ans que Radio Nova emet à Marseille, sur la fréquence jadis occupée par Radio Utopie, ça ne nous rajeunit pas.
Si leur audience est pour l’instant limitée dans le coin, leurs Nuits Zébrées affichent tout le temps complet, les invitations s’étant retirées cette fois en un peu plus d’une journée.
De quoi peut être donner envie aux organisateurs de viser plus grand que l’Espace Julien, le Dock des suds se remplirait tout aussi facilement à mon avis.

20h15 la salle se peuple progressivement pour accueillir la Germano Bresilienne Dillon au visage diaphane et tout de noir vêtue.
C’est en grande partie pour elle que je suis venu aussi tôt, les groupes suivants ne m’interessant pas ou étant déjà passés à Marseille.
De part son approche pop son album « This Silence Kills » paru il y a peu dénote un peu sur le label electro B-Pitch Control mais s’avère de toute beauté.
Sur scène on sent la jeune artiste encore peu à l’aise avec l’occupation de l’espace, elle est au départ très statique et peu communicative.
Elle est accompagné d’un machiniste tout aussi discret qui distille des sons minimalistes qui accompagne élegament son filet de voix proche de Lykke Li et Stina Nordenstam.
Pas vraiment le genre de musique festive que le public parfois impoli est venu voir mais qu’importe.
Sur les rares titres uptempo (« Thirteen Thirtyfive », « Abrupt Clarity ») elle se lache un peu avec des grands gestes et de legers déhanchements.
Et arrive à briser la glace avec une assitance jusque là peu concernée son entêtant « Tip Tapping ».
Assurément ni au bon moment ni au bon endroit, on espère un écho plus adéquat aux prochaines dates de la belle, à l’affiche ce mois-ci des « Femmes s’en mêlent ».

Jamais entendu parler des Zoufris Maracas, originaires de Sète, et qui vont rapidement faire guincher les premiers rangs dans une ambiance plus ensoleillée.
Il ne faut pas être allergique à la chanson dite engagée parce qu’en plus de textes plus ou moins ampoulés on aura droit à un prechi précha un rien démago entre presque chaque morceau.
Coté musique, certains titres avec cuivres, guitare manouche et tout le tralala rappellent dans ses meilleurs moments les Negresses Vertes ou Zebda, le succès est donc logiquement au rendez vous.

Viennent ensuite les pathètiques Deluxe, qui s’avèrent à mon grand désarroi les plus attendus de ce début de soirée.
Le groupe « fête de la musique » par excellence, qui mange à tous les rateliers pour en vomir une tambouille incroyablement fausse, vaine et toc.
Mis à part leurs origines locales, difficile de comprendre l’engoument pour ces gens sans doute sympathiques au demeurant, qui n’ont rien d’autre à proposer qu’un pot vraiment pourri de gimmicks éculés comme les déjà navrants Chinese Man qui les ont révelé.
Une chanteuse grimaçante qui couine à l’envie, massacrant au passage Paolo Conte, des musiciens aseptisés et décoratifs qui s’acharnent à vider le funk de toute sa saveur.
Et pour faire « moderne » un machiniste qui lance des samples aussi perimés qu’une potato tiède. Dégueuluxe !

Bonne ambiance en tout cas pour accueillir la seconde venue à Marseille de Speech Debelle, rappeuse Anglaise qui avait laissé de bons souvenirs au Cabaret Aléatoire.
Toujours accompagnée d’un groupe efficace mais pas sans bémol, le son de la batterie couvrant un peu trop souvent sa voix, ce qui un peu dommage pour apprécier la qualité de ses textes.
Set emballant où l’on reconnait les deux bons singles récents que sont « I’m wth it » et surtout « Blaze Up a fire » écrit pendant les dernières émeutes Londoniennes.
On apprécie l’absence de temps mort et d’invective feignasse inhérentes au genre, elle assure le show avec énergie et concision, avec selon les morceaux un ptit coté soul appréciable, notamment lorsqu’elle reprend le refrain du « Changes » de 2 Pac.

Dernier changement de plateau et place aux excellents Whomadewho dont les deux passages à Marseille ont été plus que remarqués.
Curieux de les revoir après une évolution notable sur leur dernier disque « Brighter », nettement moins organique qu’à leurs débuts mais toujours aussi dansant.
Dès les premières minutes et leur son maousse costaud pas trop de surprise, ils n’ont pas plus troqué leurs moustaches que leurs instruments pour du tout synthétique, la formule batterie/guitare/basse est reconduite avec succès.
Le guitariste a néanmoins un sampler qu’il utilisera surtout sur les derniers morceaux.
Whomadewho, le groupe electro rock qui met à genoux avec une collection de tubes largement etoffée : les récents « Inside world », « Running Man », « Every minute alone » ou encore la reprise de « Flat Beat » toujours aussi couillone.
Et surtout un que j’avais très envie et depuis longtemps de voir en live : le déjà classique « Keep me in my plane » et sa basse infernale.
Le public danse sans retenue sur cette succession effrenée de morceaux autant taillés pour les clubs que les salles rock.
Contrairement aux autres artistes on aura droit à un rappel, sorte de jam apocalyptique avec des bouts de « Jean Genie » dedans.
Vu la qualité de la prestation et l’entousiasme général on ne serait pas contre de les revoir dans le coin pour un concert plus long ou un retour à Marsatac tiens.

Soirée inégale mais au final plutôt réussie, comme dit plus haut, gageons que la prochaine se déroule dans une salle plus grande.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s