Marsatac 2012 (1/2)

Photos des concerts ICI

Dock des suds, 27 Septembre 2012.

Retour au dock des suds pour cette nouvelle édition du festival Marsatac, comme en 2004 et 2009.
Un choix par défaut qui a ses partisans et ses détracteurs mais qui s’avère plus confortable qu’à la Friche de la Belle de Mai en travaux.

Les deux salles (un chapiteau exterieur est prévu pour vendredi et samedi) sont bien plus faciles d’accès et le son n’est objectivement pas trop mauvais.

Dommage que la scène Cabaret soit si petite, pour apprécier convenablement les concerts dans celle ci, valait mieux être là dès le départ.
Pas très grave pour les très scolaires A.S.M. mais les dernières minutes impressionnantes de Heymoonshaker et son mélange beatbox guitare laissent quelques regrets.

Quand à l’excellent sur disque Ghostpoet, on eut la confirmation en quelques morceaux que sa musique intimiste était bien trop calme dans un tel contexte.

Sur la grande scène, les festivités commencent avec les Danois de Dafuniks.
Arrivé trop tard pour leur mini tube « Hello I love you », je découvre ce soir leur groove agréable mais un peu convenu.
Le rappeur et la chanteuse au timbre éraillé façon Macy Gray sont éminemment sympathiques mais les musiciens qui les accompagnent très prévisibles.
De ce set un peu trop nonchalant pour enflammer les foules on retiendra toutefois les deux derniers titres plus enlevés que la moyenne.

Alors Doom (aka King Geedorah, Viktor Vaughn ou Emefedoume) viendra t’il viendra t’il pas ?

Le rappeur masqué est assurément un des plus attendus au tournant ce soir, habitué des annulations de dernière minute (pas plus tard que cette année à Nice) quand il n’envoie pas un de ses sbires cachetonner à sa place.
Il est finalement de la partie, après avoir joué avec les nerfs des organisateurs et du public, avec au moins 20 minutes de retard.

Au départ on pense avoir une explication, l’imposant mec qui fait les backs, à faire passer Rick Ross pour feu Gary Coleman, l’aurait mangé.
Mais en fait non, il affiche lui même un étonnant embonpoint mais est bien sur scène, et aura surtout convaincu ses aficionados.

Pas mal de morceaux de « Madvillain » comme « All Caps » et d’autres plus récents comme « Ballskin » rappellent pourquoi on l’aime depuis plus d’une dizaines d’années.
Une voix reconnaissable entre mille, un flow d’une précision extrême sur des beats enfumés des plus hypnotiques.

Comme ses titres étant en général assez courts on a pu apprécier une bonne partie du set prévu mais le staff sera inflexible et le forcera non sans mal à couper court à sa prestation tardive.
Pas de grosse déception vu les craintes fondées de départ mais quand même une certaine frustration au final.

Le temps de respirer un peu et d’aller vanner Nico Prat du Mouv’ qui retransmettait certains concerts, retour sur la grande scène pour le moment fort de la soirée.

On avait déjà bien aimé De La Soul en 2008, on est très agréablement surpris par le show des 2/3 du groupe, à savoir Plug 1 et Plug 2 et de leur projet First Serve.

Deux dj’s et une pléiade de musiciens Français avec lesquels ils interprètent avec enthousiasme leur concept album paru au printemps.
Un show généreux et bourré de clins d’oeil, le duo rappant autant sur les instrus du disque que sur des relectures funk de tubes du style « Love’s theme », « Eye of the tiger » ou encore « Jungle boogie ».

La section rythmique est excellente, rarement vu des musiciens autant en phase avec les vocalistes dans ce genre, sans tomber dans la démonstration comme les Roots.
Deux batteurs/percussionnistes, un guitariste et un batteur très inspirés, manque juste quelques cuivres ici séquencés.

En parfaits ambianceurs Pos et Dave mettent le public à contribution sans non plus ne se reposer que sur leur notoriété.
Avec au minimum eux tubes à ajouter à leurs classiques, les très funky « We made it » et « Must Be The Music ».
Après un jam des musiciens présentant chacun des protagonistes, les deux mc’s reviennent sans leur déguisement pour un final old school avec les inépuisables « Me myself and I » et « Ring ring ring ».

Un peu à cause du retard de Doom et aussi parce qu’on est jeudi, peu de monde pour le dernier set de la soirée.
El-P c’est une des autres bonnes surprises de cette édition, première venue dans le coin pour ce grand du hip hop « independant as fuck ».

Fin des années 90 il y eut la claque Company Flow (dont un autre membre Bigg Jus passera à l’embobineuse le 22 Novembre), puis dans les années 2000 des albums et un label (Def Jux) des plus intransigeants.
Et plus tôt cette année, l’album « Cancer 4 Cure » qui a calmé tout ceux qui y ont jeté une oreille.

Peu avant sa venue sur scène, la sono crache le glaçant « In the air tonight » de Phil Collins, mais aucune allégeance au son FM dans son set.

Les breakbeats façon Prodigy de « Request denied » donnent le ton, ce sera le concert le plus teinté d’électronique du soir, et également le plus rock.

Il est accompagné de deux acolytes, un au clavier et l’autre au sampler/batterie (un peu comme celui de Dj Shadow) qui enfourche de temps à autre une guitare.

Notamment pour l’épique « Drones Over Bklyn » qui reprend les choses là où les avaient laissé Outkast sur « B.O.B. » et s’avère aussi percutant en live.
Concert étouffant, sombre et pas seulement parce qu’il insiste pour plonger la salle dans le noir, ambitieux dans sa démesure, parfois un rien pompeux mais qui aurait mérité meilleure exposition.
Le maigre public resté exprès semble avoir bien apprécié.

On ne sait pas encore ce qu’il en sera des autres soirs mais le bilan de ce jeudi « rap only » est plus que positif.

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