La Rumeur, Kacem Wapalek

La-Rumeur Photos du concert ICI

Espace Julien, 20 Mars 2014.

Pour cette soirée du festival « Avec le temps » plutôt connoté Pop et Chanson, le rap est à l’honneur avec une révélation et une valeur sûre du genre.

Le Lyonnais Kacem Wapalek assure la première partie, s’il n’a pas encore sorti de véritable album ce n’est pas tout à fait un inconnu pour les initiés, dans les premiers rangs beaucoup connaissent déjà les punchlines de sa street tape.

Pour les membres du crew Live In Marseille présents ce soir c’est une belle surprise à plusieurs niveaux, tant au niveau des textes, du flow très musical aux accents un peu ragga.

Pas mal d’humour et de jeux de mots assez redoutables, un art du storytelling à l’ancienne avec quelques titres virtuoses comme « Des chiffres et des lettres » ou ce trip géopolitique épatant qu’est « Michael Jackson est mort ».

Surprise avant qu‘Ekoué, Hamé et Mourad débarquent, leur dj balance un remix façon trap de…« Cherchez le garçon » de Taxi Girl.

Pas revu La Rumeur depuis leur passage en 2003 aux Eurockéennes où ils faisaient un peu figure d’ovni, mais plutôt fan de leur trilogie de maxis et l’album « L’ombre sur la mesure » dont ils ne joueront hélas que le titre éponyme avec ce fabuleux sample d’Art Blakey reconnu dès les premières secondes.

Les disques suivants sont loin de m’avoir autant marqué, mais leur intransigeance et leur persévérance après l’interminable procès des années Sarkozy forcent le respect.

Ils vont alterner des titres de leur récente compilation « Les inédits 2 » comme les urgents « Un singe sur le dos », « Le chat noir » ou « Luttes intestines » et les brûlots qui sont devenu avec le temps leur marque de fabrique.

Public chaud bouillant sur « Pourquoi On Resterait Calme », « À nous le bruit », « Qui ça étonne encore » ou « Tout brûle déjà ».

Et puis le fameux « Premiers sur le rap (fils de pute) » l’hymne anti Skyrock avec son scratch final que j’ai toujours trouvé renversant.

Le vieux backpacker qui sommeille en moi regrette qu’ils aient totalement fait l’impasse sur des morceaux introspectifs où ils excellent, ces joyaux que restent « Moha » ou « Pas d’vacances », mais vu l’ambiance rentre dedans du live c’est bien compréhensible.

La seule relative accalmie sera une version a cappella de « La meilleure des polices », avant quelques ultimes grenades et deux trois dédicaces au public et aux activistes qui les ont soutenu comme l’Affranchi et le Moulin.

Le dj clôt la soirée avec un mix old school avant une fin « open mic » où des rappeurs locaux investissent la scène, bordélique à souhait mais bon esprit.

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