Suicide, Sevdah Mon Amour

Mimi_2014 Photos du concert ICI

Hopital Caroline, 5 Juillet 2014

Sur le papier, un des événements de l’été à Marseille : le festival MIMI, qui n’est pas à une figure culte près (entre autres Pere Ubu, Blurt, Tuxedomoon excusez du peu) reçoit ni plus ni moins que Suicide.

Malgré une programmation chaque année très tentante c’est ce soir la première fois que je m’y rend, mes horaires de boulot n’était que peu compatibles avec ceux des dernières navettes allant aux îles du Frioul.

Un plaisir qui se mérite puisqu’il faudra attendre un temps phénoménal dans la queue du guichet où retirer les places, puis dans la navette qui ne semble jamais vouloir démarrer, sans oublie la bonne demi heure de marche nécessaire pour atteindre l’hôpital Caroline.

Sur place par contre impossible de rester insensible à la beauté des lieux et se sentir un peu plus chez soi en y retrouvant pas mal d’habitués des concerts marseillais intra muros.

A la tombée du soleil c’est le programmateur enthousiaste qui nous présente ses excuses pour les pépins d’organisation, annonce le programme de la soirée et laisse la parole à deux intermittents venus rappeler avec conviction leur combat actuel.

Place ensuite à la première partie, une création proposée par Nicolas Cante avec deux artistes de Sarajevo, « Sevdah mon amour », du nom d’un genre musical qu’il présente comme romantique et très populaire en Bosnie.

Derrière son piano et ses machines il accompagne avec le batteur Nedim Zlatar les vocalises puissantes de Vreco Bozo, chanteur androgyne dont les tatouages et la tenue n’ont rien à envier à la fantasque Asia Argento.

Musicalement ça oscille entre trip hop pour les morceaux calmes à de l’acid house façon Josh Wink pour les titres les plus remuants, parfois mélancolique mais surtout festif.

Le chanteur danse beaucoup et occupe l’espace avec un certain charisme mais passé l’effet de surprise d’aucuns se lasseront rapidement par le kitch de l’ensemble, que l’on aurait sans doute davantage apprécié en mode fiesta des suds voire devant l’eurovision.

Après un changement de plateau une des organisatrices plaisante encore sur les navettes et assure que l’on pourra tous rentrer chez nous après un concert que le programmateur espère avec une certaine fébrilité qu’il sera mythique.

Mythique le duo Suicide que tout le monde attend l’est assurément sur disque : réécouter ses deux premiers albums quelques semaines avant cette soirée m’a totalement rappelé pourquoi.

Une musique qui a inspiré tant d’artistes aimés ces dernières années, si pertinente et moderne qu’un détail d’importance m’avait échappé : le vénéré Alan Vega a récemment fêté ses 76 ans, son comparse Martin Rev ses 66 ans.

Pas d’apriori négatif quand on a vu et aimé les encore fringants Leonard Cohen et Kid Creole, mais ce soir on a à la fois envie de rire et de pleurer en voyant arriver un Alan Vega tremblotant tenant à peine avec sa canne, proche du guignol de feu Mitterand, semblant constamment nous traiter d’imbéciles.

Martin Rev fait lui davantage penser à un Jango Edwards sous tranquillisants, avec une casquette, des lunettes fluo et un pantalon moulant assez sensationnels.

La suite on la devine, tient du grand n’importe quoi, repoussant au maximum les limites de l’indulgence.

Les titres que l’on a tant adoré sont méconnaissables, plus marmonnés que chantés, entre je m’en foutisme et provocation d’un autre temps.
Dans le public on est selon le degré d’alcool ingurgité stupéfait, effaré mais aussi déchaîné pour certains qui monteront sur scène à plusieurs reprises.

Il suffit d’un ou deux excités pour qu’on l’on ait l’impression qu’il se passe quelque chose de punk mais si peu.

Si Martin Rev reste impassible à ce cirque et lance en mode automatique des séquences, Alan Vega est plus volontiers potache à lancer des doigts d’honneur, faire un check rhumatisant à son pote, quand il ne disparaît de la scène de très longues minutes.

Il revient finalement pour un « Dream baby dream » fantomatique à souhait, assisté au chant par un ado qui semble être son (petit ?) fils.

Une soirée globalement ratée mais au final assez distrayante, qui fera dire aux Marseillais(es) non plus « Va te jeter aux Goudes » mais « Va voir Suicide au Frioul té ! ».

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