Bettye Lavette

betty-400x600 Espace Julien, 15 Octobre 2014.

Après une pause de deux semaines sans concert post Marsatac, une fois n’est pas coutume un choix s’impose ce soir.

Bien envie de revoir Crocodiles, appréciés il y a 2 ans au Poste à Galène mais ce sera pour une autre fois.

La grande et rare Bettye Lavette à Marseille, c’est une date inattendue tant la chanteuse est peu connue en France hors des initiés soul, ou de quelques cinéphiles l’ayant (re)découverte en entendant son merveilleux « Let me down easy » dans le film « La Famille Wolfberg«  d’Axelle Ropert.

Une belle surprise proposée par la salle jazz Le Cri Du Port, dans un Espace Julien en configuration place assises.
Où il fera comme d’habitude une chaleur suffocante même avec ses portes ouvertes, avec toujours cette curieuse idée de passer des choses géniales en attente, de Gil Scott Heron à Mulatu Astatke à un volume bien trop faible.

Le concert en revanche sera parfaitement sonorisé, un vrai régal pour les oreilles.

Alors que de nombreux spectateurs manifestaient leur impatience (une bonne demie heure de retard, la routine) en criant son nom, la diva tout de rouge vêtue entre en scène.

Son jeune groupe est composé d’un pianiste, un batteur, un bassiste et un guitariste qui s’occupent également des chœurs.
Une section rythmique tout ce qu’il y a de plus basique et efficace, aussi à l’aise dans les tranches de blues que les ballades plus introspectives.

Comme sur la plupart de ses disques, le concert sera essentiellement composé de reprises de haute volée.
D’entrée on a des fourmis dans les jambes avec une version groovy de « The word » des Beatles.

Bettye Lavette est tout sourire et parle pas mal entre les morceaux, elle se dit émue de jouer en France où elle a de fervents supporteurs y compris pendant sa traversée du désert.

Si elle a débuté dans les années 60 sa carrière aura été assez chaotique les décennies suivantes et ce n’est qu’au milieu des années 2000 qu’elle sera réhabilitée d’abord par le label Anti (division d’Epitaph bien connu des punk), puis par les Grammys où elle sera plusieurs fois nommée et même Barack Obama pour qui elle chantera lors de son investiture.

Sa voix rauque et l’exigence de ses choix ne l’empêchent pas d’être tout sourire et humble.

Parmi les temps forts du concert, le « Yesterday is Here » de Tom Waits, « They call it love » popularisé par Ray Charles ou encore « Love reign over me » des Who sont pas loin de filer des frissons.

Un peu déçu qu’elle occulte le single précité plus haut mais elle n’oubliera pas de chanter son premier tube « My man is loving man ».
Après une standing ovation méritée, elle finit de la plus troublante des manières avec des relectures fortes de titres à la base chantés par plus jeunes qu’elle.

« Sleep to dream » de Fiona Apple, d’une intensité incroyable, et ensuite revenant sans ses musiciens le méconnu « I don’t want what I haven’t got » de Sinead O Connor.

Il n’y aura pas d’autre rappel mais l’ensemble des happy few repartiront émus et comblés de ce concert parmi les plus classe vus cette année.

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