Guts

guts_344_0 Photos du concert ICI

Espace Julien, 23 Avril 2015.

Arrivé juste à la fin du set de Mars Blackmon, votre duo de chroniqueur et photographe du soir n’aura pu apprécié que ses ultimes pépites (un bon vieux Gil Scott Heron et les formidables Silk Rhodes), et émis quelques craintes en voyant très peu de monde dans un Espace Julien peut être un peu trop grand pour Guts.

La salle se remplira heureusement davantage après sans pour autant afficher complet, mais suffisamment pour assurer une ambiance à la hauteur du show qui va suivre, et on peut avancer sans exagérer que personne ce soir n’a regretté d’être là.

Public bien plus jeune qu’escompté vu le coté old school de l’affaire, mais probablement plus agé que celui de Gradur qui va sévir ici même le lendemain.

Guts, c’est ce producteur de l’ombre qui après avoir produit Alliance Ethnik (dont les sons vieillissent assurément mieux que les textes) a sorti quelques albums instrumentaux à la cool et livré l’an dernier un « Hip Hop After All » goutu et plein d’invités.

On pouvait redouter que l’absence des featurings (comme Cody Chesnutt, Murs ou Grand Puba) sur scène soit un handicap, mais c’est sans compter la présence du chanteur (et trompettiste !) Leron Thomas et du rappeur Von Pea.

Et comme c’était annoncé, il est accompagné d’un live band composé de Florian Pelissier aux claviers, Slikk Tim à la basse et Greg F à la guitare.

Guts est lui aux machines mais pas que, il donne régulièrement de la voix et s’équipe de pancartes avec les refrains de certains titres qui lui permettent de faire chanter les premiers rangs qui ne s’en priveront pas.
L’idée amuse au départ, mais s’avère excellente niveau interaction, particulièrement sur le morceau « Want It Back » à l’origine chanté par Patrice et une chorale new-yorkaise, la marseillaise s’en sortira avec une certaine euphorie.

Le début du concert est funk et tire parfois vers l’acid jazz, l’alliance des beats et des instruments coule de source, et en l’absence de batterie ou de musicien trop démonstratif, c’est un régal pour les oreilles et les hanches.

Leron Thomas impressionne de classe et de sensualité sur pas mal de morceaux, mais c’est évidement sur le tube « Man Funk » qu’il va retourner la salle.

« Man Funk », ce single imparable qui s’est payé le luxe rare de faire le grand chelem des radios que j’arrive à écouter (Nova, FIP et Jazz Radio), pépite si évidente qu’elle reviendra au rappel sans que personne ne trouve rien à redire.

Les morceaux rappés par le New Yorkais Von Pea sont tout aussi bons, le flow et l’énergie s’intégrant parfaitement à l’écrin de Guts et son groupe et dépasse le simple featuring.

Guts n’en oublie pas pour autant ses « délires » instrumentaux et distille quelques ambiances moins festives et plus cinématiques entre deux titres dansants.

Un peu comme ces feel good movies sans prétention mais qu’on déguste avec délectation, on ne voit pas le temps passer lors de ce pure feel good concert.

L’ovation attendue rivalise de décibels et pour le rappel évoqué plus haut, c’est une dizaine de spectatrices qui sont invitées à danser sur scène, avant que Guts, pas déçu de l’accueil quitte les lieux en nous souhaitant que notre vie soit belle, tout simplement.

On n’ose imaginer ce que ça aurait donné dans un festival bondé façon Marsatac mais l’espace d’une heure et quelque c’était indéniablement la Pura Vida.

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