Fiesta des Suds 2015 (2/2)

FIESTA

Dock des suds, 16 et 17 Octobre 2015.

Parmi les autres concerts vus lors de ce week-end de festivités, de l’anecdotique et du remarquable.

Pas vu les têtes d’affiches de vendredi mais la programmation de la salle des sucres valait le détour avec successivement C’Mon Tigre et Vaudou Game.

Les premiers se sont avérés les plus surprenants, une belle surprise qu’on attendait pas dans un festival grand public tant la musique des Italiens est des plus exigeantes.

C’Mon Tigre débutent d’ailleurs leur set devant une poignée de curieux, rejoints progressivement par une foule au final conséquente et séduite par cette prestation inattendue.

Difficile de décrire leur mixture qui doit autant à l’ethiojazz qu’au funk et au krautrock, un genre de blues cinématique qui m’a fait penser à des esthètes comme Pram ou Colin Stetson.

On y entend des guitares psyché, une batterie feutrée, un xylophone et un saxo obsédant, un chanteur au micro plein d’effets, et le tout s’harmonise miraculeusement, et mis à part quelques passages assez expérimentaux le tout s’avère finalement assez accessible.

Un groupe qu’on aurait davantage vu programmé au Grim et qu’on est ravi d’avoir pu découvrir dans d’aussi bonnes conditions.

Au cabaret la suite est moins heureuse avec Sin Tiempo, un Lyonnais annoncé comme influencé comme Nicolas Jaar, LCD Soundsystem et Flying Lotus mais qui sonne beaucoup plus mainstream.

Il est seul derrière son laptop et chante (plutôt bien si on aime les roucouleurs à la Chris Martin) sur beats très convenus, du genre à illustrer de prochaines pubs tv, piochant dans le r’n’b et l’edm la plus putassière.

Le succès est donc logiquement au rendez-vous devant une frange de fashionistas pas avares de selfie, en attendant de le voir enflammer les stades dans les prochains mois.

La soirée redevient plus à mon goût avec un groupe que j’avais adoré à la dernière édition du festival This Is Not A Love Song à Nimes au printemps.

Et même sans l’effet de surprise, Vaudou Game, c’est encore meilleur la deuxième fois, dans une salle des sucres bouillante à souhait.

Peut être une des meilleures sections rythmiques de France et assurément un des chanteurs les plus impressionnants vus en live, quelque part entre Fela et James Brown.

Vaudou Game encore plus sur scène que sur disque c’est un afro funk irrésistible pour les hanches, un puissant remède anti morosité et un tube reconnu de beaucoup, le très drôle « Pas contente » en version rallongée et participative, mais un peu l’arbre qui cache la forêt tant l’ensemble du concert tutoyait l’excellence, idéal pour finir un deuxième soir en gardant quelques forces pour le final pop de samedi.

Une soirée sympathique dans un registre davantage pop et electro, mais qui m’aura surtout enthousiasmé pour le concert de The DØ que ceux qui les ont précédés.

Les quelques titres vu de Kadebostany et leur gloubiboulga balkan un peu bourrin ne m’ont pas convaincu, pas plus que les ritournelles synthétiques délicates mais un brin monotones d’Aaron, qui plairont surtout à ceux et celles qui apprécient leurs disques.

Les albums de The DØ n’ont jamais longtemps squatté mes playlists mais c’est un des groupes Français populaires qui m’est des plus sympathiques depuis leurs débuts folk jusqu’à leur récente mue à succès.

Le charisme de la chanteuse et l’inventivité de ses musiciens déjà appréciés il y a quelques années sont aujourd’hui au service d’une collection de tubes imparables qui s’enchainent sans aucun temps mort quitte à perdre un peu en spontanéité ce qu’ils ont gagné en efficacité.

Le public jeune et enthousiasmé réserve un accueil impeccable et bondissant aux « Despair hangover & ecstasy », « Opposite ways », « Sparks » et autre « Slippery Slope » mais bizarrement pas « On my shoulders » le morceau qui les a révélé.

A ce stade de la soirée, on sera plus occupé à liquider les derniers jetons et papoter en attendant que les tramways soient un peu moins bondés mais on ira jeter une oreille curieuse sur 잠비나이 un groupe de post rock (!) Coréen (!!) programmé dans la salle des sucres.

Et le peu que l’on a entendu nous fait regretté de ne pas s’y être pressé, un peu comme C’Mon Tigre, c’est un choix audacieux qu’on aurait cette fois davantage attendu à l’embobineuse, un collectif bruitiste dont la générosité et l’humilité auraient mérité un meilleur horaire, mais peut être les recroisera t’on à une autre occasion.

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