Plan B 2018

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Le festival Plan B c’est reparti, après de bons souvenirs chroniqués l’été dernier, voici la soirée d’ouverture de cette 4ème édition qui propose encore des manifestations culturelles pour le mois d’août, et en ce qui nous concerne, des concerts enthousiasmants pour cette soirée d’ouverture placée sous le signe de l’orient.

Sarah Maison commence très tôt les festivités, quelques minutes seulement après l’ouverture tardive des portes du Fort St Jean, pas évident pour écouter avec attention ses chansons plutôt pop.

Mais avant d’entendre sa voix, c’est un instrumental « Barachicha » pendant lequel elle fait des poses lascives façon danse du ventre, pendant que Hedi Bensalem, son bassiste orné d’un joli fez s’accorde avec un regard complice.

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La chanteuse se présente timidement et présente les chansons de son premier EP sorti au printemps mais elle n’en a pas de dispo ce soir avec un grand sourire.

Elle joue parfois de la guitare, et le plus souvent elle utilise un synthé pour lancer des boucles envoûtantes ou dansantes selon les morceaux.

Sa voix est agréable et son mix entre chanson et musique orientale fait un peu penser à ce que faisait Sapho dans les 80’s, on passe un bon moment et on réécoutera avec plaisir quelques uns des titres de ce soir, de « Décroche moi » à « Muzul » en passant par l’accrocheur « Je ne peux pas te voir » et surtout celui qui l’a fait découvrir il y a déjà deux ans, l’étrange « Western Arabisant ».

Le soleil se couche pour le deuxième concert, avec Imarhan un groupe Algérien dont on aime beaucoup les deux albums, du rock Touareg à la Tinariwen (dont les tourneurs évitent bizarrement Marseille depuis des années) dont les disque sont distribués sur l’excellent label City Slang bien connu des auditeurs de rock indé (Lamchop, Calexico, Tindersticks…).

Une musique enivrante et très accrocheuse avec des pépites lâchées d’entrée comme « Azzaman » et « Alwa » où la température déjà très élevée (le département est en vigilance orange aujourd’hui), à la limite du vertige lorsque les premiers rangs sont envahis par un public très réceptif et fêtard.

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Même s’ils ont grandi dans le désert de Tamanrasset on a quand même un peu mal pour eux avec ses costumes traditionnels.

Le concert est plutôt rock mais également assez funk dans la dynamique, avec des percussions tribales qui ne laissent personne indifférent, des guitares emballantes et au moins quatre voix différentes complémentaires comme sur le contemplatif « Zinizjumegh » vers la fin du set, un régal.

La suite m’intéressait à priori moins mais c’est l’occasion d’enfin voir Bachar Mar Khalifé dont c’est déjà le 5eme passage à Marseille, de facto la tête d’affiche et en voyant les yeux émus des spectatrices des premiers rangs, le Libanais semblait être très attendu.

Mis à part deux trois éméchés au début, le public sera très attentif à cette fusion jazz, dub, rock, avec de beaux moments et d’autres un peu lisses voire assez emphatiques.

Bien aimé son jeu au piano et au synthé beaucoup moins sa voix, surtout après les timbres des artistes qui l’ont précédé, mais au fil des morceaux on se laisse malgré tout par l’émotion de sa musique inspirée ce soir du maître nubien Hamza El Din.

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Pour ce qui est du groupe, on peut déplorer que le son du jeune batteur (très véloce au demeurant) couvre sa voix et dans le même temps on entend assez mal le Saz, dommage pour le coté oriental ici moins mis en avant.

Mais mis à part ces quelques bémols ce fut un des temps forts de la soirée pour une bonne partie du public, avec des youyous dans la fosse et un grand sourire partagé par les musiciens.

Beaucoup d’ailleurs quittent le Mucem sans attendre le dernier concert, il est déjà minuit et tout le monde n’est pas forcément en vacances, et contrairement aux précédents l’ultime changement de plateau traîne vraiment en longueur cette fois.

Ayant écouté le disque du Tunisien Ammar 808 avec beaucoup d’invités je pense qu’il ne serait qu’en dj set mais que nenni, c’était un live avec un flûtiste, un bassiste et deux chanteurs dont Sofiane Saidi dont on avait adoré le set deux semaines avant au Toit Terasse de la Friche Belle De Mai.

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Mais ce soir c’est sous la banderole du Maghreb United qu’il sévit, et c’est une musique encore plus dansante avec un son très moderne et assez agressif (on entendra les basses quelques rues plus loin au retour).

Beaucoup aimé l’énergie des autres chanteurs Cheb Hassen Tej et Mehdi Nassouli, dont le look et la basse étonnent et détonnent.

Du Raï, du Chaabi, et des sonorités plus électroniques, avec certains titres tribaux avec une batterie juste en bas de visuels très psychédéliques.

Le public resté danse et saute dans une ambiance particulièrement débridée, parfait pour finir un plateau diversifié mais cohérent et de qualité jusqu’au bout.

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Jardin Sonore Festival

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Plus de photos de la soirée ICI

23 Juillet 2018, Domaine de Fontblanche, Vitrolles.

Soirée très variée pour la suite de cette première édition du festival Jardin Sonore avec pas moins de 5 concerts pour ce dernier soir.

Le premier est un des plus attendus pour votre chroniqueur du soir, et contrairement à ce que son nom le suggère, Theo Lawrence and The Hearts sont français mais leur musique est très Américaine, entre rock, blues et soul.

Leur album « Homemade lemonade » sorti au printemps est une des belles surprises de ces derniers mois et sur scène c’est tout aussi savoureux.

Décalage saisissant avec la jeunesse apparente des musiciens et du chanteur et cette musique d’un autre age, très mature et très classe avec de belles guitares qui carillonent, un clavier emballant et même des congas.

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Dommage que le son réglé un peu trop fort pour apprécier à 100% ce set du quintet mais dans l’ensemble le public venu tôt a bien apprécié.

Et pour ne pas gâcher le concert se finit par une jolie reprise du « Rumble » de Link Wray qui me donnerait presque envie de remater Pulp Fiction.

Après un changement de plateau rythmé par des pépites vintages des dj’s de 45 Live on retrouve avec plaisir Sammy Decoster dont on avait bien aimé son passage l’an dernier à Marseille.

Cette fois ci en trio, sans son chapeau mais avec la même moustache que sur la pochette de son deuxième album « Sortie 21 » également sorti au printemps.

On reste un peu dans un esprit un peu western mais en plus folk entre Calexico ou Giant Sand mais avec des textes uniquement en français.

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Le public est un peu plus dissipé que pour la première formation et c’est un peu dommage car le tour de chant est de qualité, avec quelques titres assez enlevés comme « Micheline » ou « Taxi Bird » où il n’hésite pas à descendre de la scène et jouer dans les premiers rangs, et d’autres plus introspectifs.

Pour les trois prochains concerts on se déplace quelques mètres plus loin pour une scène plus grande et plus confortable, mais il faudra s’armer de patience avant le retour des Negresses Vertes avec deux concerts que je n’ai pas aimé.

Madame Monsieur est un duo pop tout de rouge vetu et qui est principalement connu pour le morceau « Mercy » qui est beaucoup passé sur les FM et télé, et qui a fait un flop à l’Eurovision malgré de bonnes intentions.

Mis à part cette rengaine jouée deux fois (en guitare voix pour finir) et une reprise poussive du « Desenchantée » de Mylène Farmer, c’est une succession de titres anecdotiques qui se ressemblent tous, avec beaucoup de bons sentiments mais musicalement on ne va pas se mentir, Madame Monsieur était objectivement le maillon faible d’un plateau jusque là irréprochable.

Pour Asaf Avidan, la tête d’affiche pour laquelle la majorité du public, le cas est différent, si sa musique est des plus respectables qui soient, sa voix si particulièrement m’a toujours empêché d’écouter ses disques et encore moins d’aller le voir en concert.

Jusqu’à ce soir puisque j’avais vraiment envie de voir le groupe d’après, et ce fut un moment magique pour beaucoup de fans à priori ravis, et beaucoup plus délicate pour les quelques récalcitrants.

Avec deux moments à sauver de cette expérience difficile où l’on gémit énormément, un titre qui tranche assez nettement du reste (un « Bang bang » un peu éléctro/trip hop façon Radiohead) et la fin sans rappel, « pour respecter le timing des autres artistes du festival » en toute humilité.

Et enfin pour finir la soirée dans une genre autrement plus festif, les Negresses Vertes dont la tournée des 30 ans de l’album « Mlah » est passée plusieurs fois dans la région mais bizarrement aucune date prévue à Marseille, d’où une bonne nouvelle de les voir ici dans ce si joli cadre.

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Trop jeune pour les avoir vus à la grande époque avec le regretté Helno, c’est malgré tout un vrai plaisir Mellino et sa troupe pour jouer des tubes dont évidement l’à propos « Voilà l’été » pour commencer.

Des cuivres, de l’accordéon, des guitares acoustiques et électriques, une basse et des voix mixtes au diapason, impossible de comparer avec leurs débuts mais le groupe a toujours une sacrée pêche.

Outre les singles que tout le grand public connait par cœur, on redécouvre des titres moins connus mais toujours aussi attachants comme « Hey Maria », « Marcelle Ratafia », « Il » ou le plus récent « Les Mégots » (sur le sous estimé « Trabendo » de 99).

L’enchaînement avec le rigolard « Zobi La Mouche » et le plus mélancolique « Face à la mer » est réjouissant même si format festival oblige des tubes manquent à l’appel (« Hou mamma mia » ou « Famille Nombreuse ») mais ils finiront bien entendu par « Sous le Soleil de Bodega » avec un final très piano house qui rappelle que le groupe avait de super remixes (de Massive Attack à William Orbit).

Une soirée qui se termine aussi bien qu’elle avait commencé, avec ce succès cette première édition le Jardin Sonore en appelle d’autres.

Sofiane Saidi

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Plus de photos ICI

Depuis quelques années déjà ici le toit terrasse de la friche de la belle de mai propose tous les week end des soirées avec des dj’s et des concerts dans des styles très variés selon les programmateurs.

Elles sont gratuites et l’ambiance est en général bon enfant, pour peu qu’on se motive à venir tôt pour rentrer vu que la jauge étant limitée.

En ce 14 juillet c’est fête nationale alors que beaucoup sont vers le vieux port pour le traditionnel feu d’artifice, on a ce soir un artiste raï et un dj qui passe des morceaux orientaux, le décalage est amusant.

Pour la partie dj c’est Waterproof des soirées Phono Mundial avec une sélection très plaisante avec des titres disco funk bigarrés dont certains entendus dans les excellentes compilations Habibi Funk et Chebran (chez Born Bad) alors que le soleil se couche.

C’est vers 22h que la scène est investie par le chanteur Sofiane Saidi qui a sorti un superbe album avec le groupe Mazalda (« El Ndjoum ») mais ici uniquement accompagné de Kenzi B, producteur moitié du duo Acid Arab qu’on a vu à quelques reprises à Marseille.

Le son electro très moderne de ce dernier est parfait pour galvaniser le public, certes beaucoup viennent pour la vue de l’endroit certes, mais les premiers rangs sont à fond.

La voix, grave et suave, et l’énergie font le reste, avec pas mal de reprises de classiques du genre comme « Shab El Baroud » et des titres plus récents comme « La Hafla » découvert avec l’album de Acid Arab.

Difficile de retranscrire fidèlement l’atmosphère au toit terrasse mais ça danse, ça se déhanche, ça boit, ça drague, la fête, la plus improbable et la vraie c’était ici.

Espérons qu’on revoit le chanteur dans le coin rapidement, si possible avec un groupe la prochaine fois pour une ambiance aussi bonne que ce soir.

Potochkine

poto Photos du concert ICI

Il fallait être vraiment motivés, en pleine coupe du monde et avec une chaleur assommante, pour aller à un concert en salle évidement pas climatisée, mais la curiosité en valait la peine.

On avait découvert un peu par hasard les étranges Potochkine l’an dernier lors d’un showcase rocambolesque du festival Avec Le Temps et le duo revient ce soir à l’Uppercut à l’occasion de la sortie de leur EP et pour fêter les 5 ans de la structure Transfuges.

La cave de l’U.percut est plutôt bien remplie vu le contexte, peut être une cinquante de personnes captivées par un live court mais intense.

On aime d’emblée l’agressivité de leur musique, loin des productions lisses en vogue, avec un son brut et martial, avec une voix autoritaire et une mise en scène épatante.

Le public présent ce soir est scotché par la noirceur de leur show, et en même temps ça danse la plupart du temps malgré une température quasi tropicale.

Sur quelques morceaux la chanteuse déjà très remuante, quitte à de nombreuses reprises la scène et bouscule toute la salle dans ses moindres recoins, c’est vivant et même quand on l’entend plus qu’on la voit, l’ambiance est décadente à souhait.

Je n’ai jamais eu la chance de voir Fisherspooner mais certains titres me font penser au classique electroclash « Emerge » sans pour autant les plagier.

« Jumeaux » et « Je Déteste Attendre » et surtout « Charivari Furieux » et son leitmotiv « libérez votre imagination », sans oublier la reprise singulière et méconnaissable de « Mon légionnaire », Gainsbarre aurait apprécié.

La soirée se prolongeait ensuite avec un dj set pour ceux qui ne se lèvent pas tôt le lendemain, les autres quittent la rue Sainte avec des flashs mémorables, en attendant d’autres apparitions aussi percutantes.

Marsatac 2018

35387782_10156591619651474_1427097356196642816_n Photos des concerts ICI

16 Juin 2018, Parc Chanot

Après le carton plein vendredi pour le concert d’IAM, quelques photos et lignes de la soirée de samedi, moins courue mais également sous le signe du rap et de l’electro avec également une louche de rock.

Et même de la pop avec les jeunes Aloha Orchestra pour commencer en fin d’après midi devant quelques dizaines de fans de Nekfeu venus squatter les premiers rangs devant la grande scène.

Dans un autre festival style Rock en Seine ou Solidays ce type de groupe serait totalement inaperçu mais à Marsatac les Havrais ont le mérite de faire sourire les quelques nostalgiques des premières éditions (où on pouvait entendre Feist, The Rapture, Divine Comedy, dEUS ou The Notwist, ces trucs de vieux avec des guitares là) vont être des plus indulgents avec leur musique aussi agréable qu’anecdotique.

Un chanteur imposant et parfois attachant, des musiciens énergiques, des synthés à la Depeche Mode, des riffs pas mal par moments, Aloha Orchestra semble avoir plu à défaut d’avoir un public acquis d’avance.

Toujours sur la grande scène, l’Irlandais Rejjie Snow revient à Marseille quelques semaines après son passage au Moulin lors de la dernière Nuit Zebrée de Nova qui passe souvent son tubesque « Egyptian Luvr ».

Son dj à dreadlocks mange une banane et nous la refile avec des bangers comme le dernier A$AP Rocky pour faire chauffer l’assistance avec l’arrivée du MC dont le look et la voix font pas mal penser aux débuts de Pharrell Williams.

Même flow de velours, des morceaux dansants et entêtants (« rainbows », « d.r.u.g.s. », « summertime » ou encore « desolé »), le public apprécie et ondule.

Le set est plaisant mais peut lasser sur la fin, et on regrette qu’il soit seul au micro vu le nombre de morceaux avec des voix féminines comme sa complice Dana Williams, ici samplées.

Mais c’est le cas de la plupart des concerts ce samedi, les artistes féminines sont d’ailleurs quasi absentes ce soir, reléguées en toute fin de nuit avec la Tsarine Nina Kraviz, ou pour les plus motivés pour l’after le dimanche avec Ellen Allien et Jennifer Cardini entre autres, c’est peu.

On quitte la grande scène extérieure pour deux concerts au Grand Palais avec des groupes qu’on est contents de revoir ici.

Surtout Kokoko qu’on avait adoré l’an dernier à l’Edition Festival et m’a une nouvelle fois régalé même sans la surprise de la première fois.

Si le hangar est bien trop grand pour un groupe qui n’a toujours pas sorti d’album, le peu de gens présents est chaud bouillant et pour cause Kokoko est une vraie machine à danser.

Leur transe est si addictive qu’à la fin on se fiche de leurs costumes jaunes ou de leurs instruments de recup’, on est happé du début jusqu’au rappel avec le chanteur dans la fosse, comment aller regarder sérieusement la fin du set de Nekfeu après ?

Enfin on va quand même prendre l’air et comme l’an passé au festival MMX (avec son groupe S-Crew) on apprécie surtout le coté familial (pas mal d’ados avec leurs parents) de son public, tout le monde boit ses punchlines, le succès populaire est indéniable, à défaut de me parler.

Pas mal de monde ensuite au Grand Palais avec Nasser, au moins pour les premiers titres en attendant la star des platines Paul Kalkbrenner vide le hall des 3/4.

Les Marseillais toujours aussi efficaces avec leur electro rock où les guitares et batterie ont la part belle, avec des jolis visuels et beaucoup de rouge autant dans leurs chemises que leurs lumières et reviendront bouger l’espace julien fin décembre.

Avant de prendre le dernier métro et claquer la bise à mes amis plus frais que moi pour danser jusqu’à l’aube (dommage pour les jeunes et talentueux Bicep et Ross From Friends entre autres) c’est sur la grande scène que l’autre grosse tête d’affiche de la soirée, le fameux Paul « Berlin Calling » Kalkbrenner régale avec un set progressif et évidement très applaudi, notamment avec ce remix efficace du « Te quiero » de Stromae.

En mode presque touriste et sans attente particulière ce fut une soirée musicalement sympathique, et sans doute à l’an prochain pour la 21ème édition.

Camille + Témé Tan + Hollydays

edit Photos des concerts ICI

Troisième année pour l’Edition Festival après de très bons souvenirs l’an passé (Seu Jorge, Kadhja Bonet, Kokoko!) avec une affiche un peu plus francophone mais encore une fois cohérente, avec un cadre superbe qu’est le théâtre Silvain en face de la mer.

A cause du mauvais temps la soirée electro disco avec L’impératrice a du être transférée au Dock des suds, mais ce soir la météo sera heureusement plus clémente.

Premier concert marseillais pour le duo Hollydays, avec un guitariste et une chanteuse accompagné d’un troisième complice aux synthés.

Une pop en français dans le texte et bien dans l’air du temps, avec une voix assez agréable à écouter, un peu tristoune en comparaison de la suite mais quelques titres plaisants (surtout « On a déjà » assez tubesque) quelque part entre London Grammar et The XX.

Un peu court par contre, une vingtaine de minutes à peine avant une belle sélection (des Marvelettes à Hercules & Love Affair) pendant que les bars et les stands de panisse tournent à plein régime.

Alors qu’il ne fait pas encore nuit c’est l’épatant Temé Tan qui va essayer d’ambiancer le public assis confortablement et venu principalement pour Camille.

Il y parvient pour une partie des spectateurs, dont certains avec leurs enfants, avec beaucoup de présence, d’inventivité, de talent.

Raté ses trois passages à Marseille (notamment il y a quelques semaines, le soir de la grosse finale de coupe d’Europe, les organisateurs avaient carrément avancé le concert à une heure impossible), c’est enfin la bonne pour votre chroniqueur séduit par sa musique depuis 2-3 ans.

Ce Belge originaire du Congo est tout seul sur scène, uniquement avec une guitare et une MPC, mais la performance est enthousiasmante, principalement grâce à sa voix solaire et son sens du groove.

Son premier album sorti à l’automne dernier prend une autre dimension en concert, avec des titres entre funk, soul et afro qui font mouche comme « Amethys », « Coups de griffe », « Menteur » et surtout « Ça va pas la tête » entêtant à souhait.

Une confirmation pour les initiés et une belle découverte pour certains en attendant la tête d’affiche bizarrement sans musique pendant le dernier changement de plateau.

La nuit est tombée et c’est donc Camille qui revient à Marseille et où elle est venue deux fois l’an dernier, pour un silo complet de chez complet plusieurs mois avant, et avant ça un mini concert un peu frustrant au Moulin pour les fameuses nuits zébrées de Nova.

La fosse s’est bien remplie cette fois mais ce n’est pas complet et on peut se faufiler assez facilement dans les premiers rangs pour ces quelques clichés flous faute de vrais photographes de Liveinmarseille ce soir.

Autant je n’écoute quasiment jamais ses disques après leur sortie autant Camille en concert c’est toujours un régal à la fois visuellement et musicalement, ce fut le cas ce soir avec un spectacle total.

Trois choristes, un pianiste (très vintage les claviers), deux batteurs avec un gong et des percussions, et même un final façon fanfare, les chansons de ses albums (du tout premier single « Paris » au fameux « Ta douleur ») sont revisitées façon soul ou gospel, avec des transitions particulièrement fluides.

Beaucoup de soin dans la mise en scène, les chorégraphies, les lumières, les couleurs, surtout du bleu, avec des ombres chinoises, des changements de tenues, c’est varié et on ne s’ennuie pas une seconde, même pour les morceaux récents.

Le dernier album est évidement très représenté avec « Fontaine de lait », « Lasso », « Fille à Papa », « Je ne mâche pas mes mots » ou encore cet incongru « Twix », mais exit les blagues foireuses ou grimaces à saturation de ses débuts.

Quelques moments assez ludiques comme sur « Les Loups » (dont le remix electro de Chloé est un petit bijou au passage), où elle fait monter une dizaine de fans pour danser la bourrée.

Et en parlant de bourré, elle reprend avec joie le « Too Drunk to fuck » des Dead Kennedys dans une version nettement moins sage qu’à l’époque de sa participation à Nouvelle Vague (Marsatac 2004 ça date)

Et juste après, tout en contrastes elle est au piano pour susurrer toute en retenue son beau « Pale Septembre ».

Trop bizarre pour le grand public, trop bobo pour les indie, les haineux continueront à la dénigrer à chaque matraquage sur Inter, couverture de Telerama ou passage à Taratata et ils auront peut être raison.

Tous les autres ont tout autant de raisons d’aimer ce qu’elle fait au vu de cette belle soirée, c’était encore une fois le cas pour moi.

Talib Kweli + Chilla

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Photos des concerts ICI

Week-end chargé coté festivals dans le sud, avec pour ceux qui n’ont pas la chance d’aller à Primavera, les amateurs de guitares se sont rués faute de mieux à Tinals voire au Yeah.

A Marseille intro muros il y avait une belle affiche electro le Bon Air à la friche, et plus modeste un plateau rap au parc Saint Marcel juste à coté de l’Affranchi, où je n’avais pas mis les pieds depuis de nombreuses années.

C’est même un peu plus que ça avec le Rendez Vous Hip Hop, une manifestation gratuite dans plusieurs grandes villes avec du graff, de la danse, du beatbox, du djing et pour finir deux concerts.

A mon arrivée avant 20h c’est le coté breakdance avec sur scène des battles de danseurs et danseuses plus ou moins jeunes et souvent excellents, dans une bonne ambiance familiale avec des mc’s qui vannent et encouragent les équipes.

Entendu de loin le coté beatbox pendant que la buvette du coin est un peu dépassée par l’événement, on revient pour la jeune Chilla, une des rares rappeuses actuelles à avoir un peu de visibilité médiatique, aperçue autant dans « On n’est pas couché » que chez « Par Jupiter », mais que je découvre vraiment ce soir.

Si le public trentenaire venu pour la suite regarde sans grand enthousiasme le live de la Lyonnaise, une frange ado et girly semble connaitre par cœur ses lyrics qui claquent pas mal.

Féministe et gouailleur sur ses brûlots « Sale chienne », « Tant Pis » et « Si j’étais un homme », j’aime bien le flow et la présence de la mc, moins les sons trap répétitifs un peu convenus, et surtout certains passages chantés avec l’inévitable autotune qui parasite tellement de productions actuelles.

Mais malgré quelques apriori j’ai apprécié une partie du set de Chilla, le potentiel est là et le succès populaire possible avec des productions et des thématiques un peu plus variées.

Le parc commence à bien se remplir mais on peut facilement se faufiler dans les premiers rangs, et croiser tranquillement Shurik’n d’IAM deux semaines avec leur concert attendu à Marsatac.

Avant la tête d’affiche c’est justement un des dj affiliés à IAM, Dj Daz qui est chargé de faire monter la pression avec des grands classiques du genre, de Kurtis Blow à Roots Manuva en passant par MOP ou Common, des enchaînements impeccables.

Et donc Talib Kweli et son dj sont bien présents (« on sait jamais avec les Amerloques » me souffle un fan un peu éméché) et clôturent en beauté cette belle journée.

Je l’avais raté lors de son passage à Marsatac (en 2010) j’ai bien apprécié son dernier album « Radio silence » et surtout il a joué deux morceaux (« Definition » et « K.O.S ») de son chef d’oeuvre « Mos Def & Talib Kweli are Black star » sorti y a presque 20 ans.

Et également « The blast » de sa période Reflection Eternal, et bien sûr son plus gros tube « Get By », demandé un peu avec insistance (« je suis pas un Jukebox mec ») où il rend hommage à Nina Simone samplée sur ce titre.

D’autres hommages à Paul McCartney avec le sample de « Eleanor rigby » ou les Jackson 5 avec un morceau basé sur leur « I want you back », et plus étonnant une reprise de « C.R.E.A.M. » après avoir vu le T-Shirt Wu Tang Clan arboré par votre chroniqueur, avec un sourire complice.

Le concert est plutôt bon dans son ensemble, avec un son très correct et une proximité inédite pour un rappeur de cette envergure, l’ambiance n’en sera que plus chaleureuse.

Bravo et merci à l’équipe de l’Affranchi, et à tous les participant(e)s de l’événement, le hip hop positif et festif comme on l’aime.