Art Garfunkel

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Drôle de soirée.

Si je connais d’avantage la carrière solo de son ex comparse Paul Simon, la possibilité de chroniquer un concert d’Art Garfunkel en mode pépère au Silo ne se refuse pas, malgré le refus du pass photo de la production (il y avait d’ailleurs un speaker quelques minutes avant le concert qui le rappelle au public  » à la demande de l’artiste, merci de filmer ni photographier « , ça calme d’entrée les accros du smartphone le temps d’une soirée).

Qui dit places assises dit entendre les discussions des voisins, en mode cagole dans les premiers rangs, du genre « oh ça va il chante bien pour son age « , ou le navrant « oh il va faire que des ballades », mais aussi des vrais fans aux regards émus à l’arrivée du chanteur, lui même sincèrement content d’être là, chaleureusement accueilli au départ, sans imaginer ce qui allait par la suite.

Accompagné d’un guitariste délicat et d’un jeune pianiste (qu’Art ne tarit pas d’éloges), il commence avec quelques uns de ses classiques de son duo, « April come she will  » puis « The Boxer » très applaudis.

En humble interprète il dira ensuite son admiration des songwriters qu’il a magnifié comme Randy Newman dont il reprend le beau « Real Emotional Girl ».

De jolis moments même on sent malgré tout l’artiste de 75 ans en petite forme, aux envolées vocales limitées forcément décevantes quand on connaît les disques par cœur, plus ou moins indulgents selon les fans et les curieux, mais c’est ailleurs que le bat blesse.

Tous les deux morceaux Art Garfunkel va nous raconter des extraits de son autobiographie (si j’ai bien compris) avec une traductrice souriante mais parfois approximative, mais surtout des interludes sans doute émouvantes (comme sur son calvaire d’avoir perdu ses cordes vocales quelques années puis de les avoir retrouvées) mais très longues, beaucoup trop pour certains.

D’autant après les bijoux « Scarborough Fair » et « Homeward Bound » à la tonalité sans grosse nuances, c’était déjà l’heure pour un entracte entre gène et exaspération, une pause d’une bonne demi heure excusez du peu.

A son retour il y eut une lecture encore plus longue que les précédents au sujet de souvenirs de son ami Jack Nicholson sur le tournage du film « Ce plaisir qu’on dit charnel » de 1971.

Le plaisir définitivement gâché avec un incident inédit à ma connaissance, Art quitte la scène humilié et énervé après les commentaires de quelques spectateurs de plus en plus bruyants, dont un balancera un cinglant « For fuck sake, just sing ! ».

Les musiciens partent également, reste juste la traductrice reste sur scène, essayant de rappeler que le chanteur et également poète, même tout en comprenant que la plupart avait juste envie d’écouter ses chansons (« on a raqué 90 euros pour entendre de la lecture » persifle un autre voisin).

Après quelques minutes embarrassantes, les applaudissements de plus en plus fournis refont revenir le chanteur mais ni lui ni une partie de l’assistance, le cœur n’y est plus vraiment.

Il essaie quand même de lire un dernier texte, mais trop rapidement pour que la traductrice ne suive cette fois, repartant sans dit un mot la mine confite.

Le sourire reviendra néanmoins avec ses plus gros tubes que sont « The sound of silence » et « Bridge Over Troubled Water » avec un tout petit rappel avec le bien nommé « Now I Lay Me Down To Sleep ».

On imagine que le sommeil de la star aura sans doute été un peu troublé après cette date marseillaise un peu plus agitée que prévue.

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