Del Tha Funky Homosapien, Tha Trickaz, DJ Cam

Cabaret Aléatoire, 20 Novembre 2010.

Une soirée hip hop pour changer, ça faisait un bail.

Si le genre peine à retrouver un nouveau souffle sur disque ces dernières années, il donne heureusement encore l’occasion de bons concerts.

Ce soir le Cabaret reçoit Del Tha Funky Homosapien, un rappeur culte dont le premier album solo remonte à 1991 mais que je n’ai pour ma part découvert qu’en 2000 avec Deltron 3030, album au concept futuriste qui est depuis devenu une référence.

Le Californien va se faire attendre une bonne demie heure où son acolyte Bukue One va un peu peiner à chauffer l’assistance.
S’il sera convaincant en doublure par la suite, sa prestation est un peu poussive et tient parfois un peu du stand up.
Et le fait qu’elle s’étire en longueur sème un peu le doute, et si Del nous avait posé un vilain lapin ?

Crainte infondée avec un set maousse costaud qui ravit les backpapers des premiers rangs dès les premières mesures du pernicieux « Virus ».
Titre toujours aussi dingue 10 ans après sa sortie, avec son refrain tueur « Je veux créer un virus qui va broyer vos ordinateurs et vous renvoyer à l’age du papyrus ».

Il y aura plus tard un autre morceau de Deltron 3030, « Mastermind », le reste sera issu de ses autres albums solo ou avec les Hyeroglyphics que je connais moins.
Flow et présence scenique au top, beaucoup d’energie et peu de blabla entre les morceaux, ce qui excuse la courte durée du show.

Le DJ Zac Hendrix s’avère bon voire très bon lors d’un long échange entre les deux mc’s où plein de classiques rap et reggae s’enchaînent à chaque rime, un moment impressionant.
Le concert se finit avec le « Clint Eastwood » de Gorillaz qui avait fait connaître la voix de Del à la terre entière.

Pas sûr que la gloire planétaire attend le duo qui suit, mais Tha Trickaz m’ont également fait bonne impression, dans un genre très différent, beaucoup plus électronique.
Leur truc à eux c’est le dubstep brutal et criard, bourré de samples et mélangé à des beats faits en live et scratchs plus classiquement hip hop.

Du gros son qui plait davantage au public venu ce soir, avec deux dj masqués qui s’en donnent à coeur joie pour faire exploser les barrières entre les genres.
La recette devient un peu repetitive sur la fin mais c’est une très bonne surprise.

De surprises, DJ Cam n’en réservera aucune dans son dj set qui clôt pourtant à merveille cette soirée.
Déjà il y a la joie de voir pour la première fois un pionnier de l’abstract hip hop dont les premiers albums ont beaucoup compté dans mon apprentissage musical.
Entendre en introduction son single « Dieu reconnaitra les siens » m’a même filé quelques frissons.

Ensuite parce qu’à part quelques rares incursions dans les 80’s (Incredible Bongo Band, Run DMC) ou 2000’s (M.I.A., Max Sedgley), sa sélection est une vraie déclaration d’amour aux années 90.
Celles des KRS One, Tribe Called Quest, CL Smooth & Pete Rock, Spinna qu’il mixe avec fluidité, et se permet des enchaînements évidents (« Da Funk » + « Organ Donor », ce genre) mais toujours pertinents.

Le set est extrêmement bien construit, sans temps mort, agrémentée de scratchs élégants, une vraie leçon de classe que les plus noctambules auront ovationné à sa juste valeur.

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