Aline, Johnny Hawaii

aline Photos du Concert ICI

Machine à Coudre, 19 Mars 2014.

Marseille et l’indie pop, une histoire de rendez vous manqués qui laisse régulièrement votre chroniqueur amusé, agacé et avec les années résigné.

Dernier épisode en date, le concert d’Aline au départ prévu à l’Espace Julien en première partie de Barbara Carlotti, annulé pour des raisons obscures mais qu’on devine, seulement une semaine avant.
Petit rebondissement quelques jours après, le groupe annonce finalement jouer le même soir en « prix libre » à la beaucoup plus petite et moins cosy Machine à Coudre.

On n’est plus à une déconvenue près mais on est pas non plus à l’abri de passer une bonne soirée.

En première partie, le discret esthète Johnny Hawaii ce soir accompagné de Mathieu aka Oh! Tiger Mountain qu’on a plus tard félicité pour sa prestation un peu what the fuck aux Demoiselles du cinq en début de mois.

Point de pétage de plomb et roulage par terre ce soir, le duo est tellement appliqué qu’il est visuellement la traduction littérale du shoegaze, yeux rivés sur leurs pompes.

Mais le petit miracle de la musique de Johnny Hawaii c’est qu’autant il semble ne rien se passer devant les nôtres (de yeux), autant nos oreilles sont emportées par cette vague de sons assez difficiles à étiqueter.

Une amie fan de Cure me dit que ça lui fait penser à leurs morceaux lents, mais ces plages peuvent aussi bien évoquer Slowdive, Tortoise qu’un re-edit de Chris Rea, ou servir de B.O. à une scène coupée de « Pulp fiction ».

Autant dire que ça peut aussi bien mystifier un public étonnamment attentif, tout en en touchant une sans faire bouger l’autre partie qui préférera rester au bar.

Viennent un peu plus tard Aline donc.

Pas vu depuis l’époque Myspace / Young Michelin, bien avant leur tube radio et leur « Regarde le Ciel » au succès critique qui leur a fait faire le tour de France.

Et c’est là que je peux caser le fameux « Nul n’est prophète en son pays », ça c’est fait, vu la quasi unanimité de critiques négatives lues sur ce site et ailleurs, qui pouvaient laisser présager le pire.
Sauf que le dit album m’a convaincu sur la longueur et que le concert de ce soir, à quelques soucis de son près, était dans le genre d’une perfection redoutable.

Ils n’inventent rien ? C’est vrai. Les poses et la voix du chanteur peuvent agacer ? C’est vrai aussi.
Mais à moins d’être allergique aux basses rebondies, aux synthés et au mélodica, à ne rien connaître à la pop des années 80, ce qui revient un peu au même, difficile de ne pas apprécier un groupe qui s’éclate ce soir à 100 % devant des plus ou moins jeunes gens modernes.

On en oublierait les deux trois connards qui en grillent une hors fumoir et la chaleur épouvantable des lieux, c’est dire.

Après une triplette de morceaux à eux « Maudit garçon », « Deux hirondelles » et « Obcène » ils proposent à leurs fans de deviner de qui est la reprise qui suit.

Ce sera le « Tout ce que je veux » des obscurs Desaxés, dont la filiation (avec Gamine, Les Freluquets et quelques autres) est plus évidente que celle avec la bande à Sirkis que leur trouvent leurs haters.

Entre deux inédits transpirant la classe dont « La lune sera bleue » et un autre aux guitares ourlées, il y aura le fameux « Je bois et puis je danse » rallongé en mode funk raide 12″, bien meilleure que sur disque.

Mais le titre le plus apprécié, leur « Histoire d’A. » à eux, c’est plutôt « Elle m’oubliera » aux riffs nerveux assez jouissifs.

Ils terminent le concert avec quelques uns de leurs plus anciens titres « Les éclaireurs » et l’instrumental qui ouvre leur LP et boucle ici le set, non sans avoir longuement remercié chaleureusement le public, la première partie et la salle.

C’était au final un mal pour un bien ce changement de lieu, pas du tout sûr que l’ambiance et l’interaction eurent été les mêmes.

Il y avait ce soir le petit truc qui fait la différence, de la sincérité et la joie de jouer devant leurs quelques fans comme s’ils étaient des milliers.

Et de finir avec l’ultime cliché, emballé c’est pesé, l’envie de leur crier Aline pour qu’ils reviennent aussi revanchards  un jour où l’autre, et pas seulement pour « Les copains ».

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